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bole.
« Comment! s'est-il écrié, dans une apostrophe dont je ne méconnais pas la puissance, c'est au moment où le monde patronal — c’est son droit et son devoir — se resserre de tous côtés, c’est au moment où. à l’image de la Confédération ouvrière, il fortifie, lui aussi, — c'est son droit, — toutes les forteresses, c'est à ce moment-là que, profitant de la violence de
quelques-uns, nous irions désarmer pour les luttes pro-
fessionnelles le plus grand nombre des ouvriers ? »
Il dénombrait cette force patronale : les 100.000 com-
merçants fédérés et les 120.000 syndiqués de l’industrie, avec leur comité général et leurs 29 comités régionaux, et il répétait :
« C’est au moment où ces forces patronales se resserrent que nous viendrions demander aux ouvriers d'abandonner leur organisation ! »
De telles paroles sont à la fois l’irréfutable constatation du fait le plus redoutable de notre temps, et l’écrasant aveu du désordre engendré par la fausse conceplion de l’organisation ouvrière.
C'est la guerre de classes proclamée, acceptée, léga-
lement reconnue par les pouvoirs publics.
Oui, il est vrai, le monde du travail est dans cet état ; l’armée des patrons s'organise, chaque jour, plus
forte et mieux armée, eu face de l’armée des ouvriers,
chaque jour plus puissante et mieux disciplinée : et —
j en suis d'accord avec M. Viviani — entre ces belligé-
rants, il est inique que le pouvoir intervienne pour
briser, au profit de l’un, les forces de l’autre. C’est pourquoi le voilà spectateur inutile du terrible champ clos d’où les explosions, comme celle de Villeneuve- Saint-Georges, surgissent comme l’éruption du volcan travaillé par la lave.
Ah ! je comprends le cri douloureux du ministre du (travail : :« Dire que des hommes qui ont donné la
flamme de leur jeunesse et la force de leur maturité au prolétariat, sont ceux qui, par une fatalité à la fois