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trop injuste et trop dure, portent toujours le poids de ces funèbres conflits ! »
La fatalité est dure, j'en conviens, mais non pas injuste. En 1883, quaud fut votée la loi des syndicats, Je disais à la tribune : « Organisés pour la guerre, les syndicats deviendront des instruments d’oppression ; en face des ouvriers, les patrons s’organiseront aussi, et ce sera une guerre impie où la patrie française s’épuisera dans des luttes sans fin !. »
Alors nous demandions non pas lorganisation des travailleurs, qui n’est qu'un groupement d'individus, mais celle du corps professionnel, qui réunit les deux facteurs de la production dans une institution publiquement reconnue. Pour ce corps professionnel, — Gailbard-Bancel l’a très opportunément rappelé à la fin de la séance du 23 octobre, — nous réclamions la propriété corporative, sans laquelle l’ouvrier, épave de la société dont il soutient la vie, est réduit à se flétrir lui-même de ce nom de prolétaire, tragique expression d’une misère qu'il subit, inconscient de sa causé profonde.
On n'a point voulu nous entendre parce que la conception corporalive heurtait, de front, l’individualisme révolutionnaire, et, pour une autre cause encore, parce que nous ne consentions point à donner aux travailleurs, comme fondement de leur organisation, la révolte contre Dieu.
Un quart de siècle a passé. Les lois sociales se sont
1. V. Discours du comte Albert de Mun, t. II, p. 76. : COMBATS SAME 122:
accumulées. M. Deschanel, dans un discours de haute et belle tenue, les a fièrement énumérées. Les unes ont sombré dans le gouffre des abus, comme la loi d’assis-
tance ; les autres se heurtent au mur infranchissable
des obstacles financiers, comme la loi des retraites. Toutes, nous les avions proposées les premiers, en les appuyant sur l’organisation corporative, seul moyen de les rendre fécondes. Mais nous étions les cléricaux |! On a refusé de nous écouter. Il ne fallait « ni réaction, ni révolution » ; il fallait par-dessus tout rester « laïques ». J’ai eu le regret d'entendre M. Deschanel s’attarder à ces formules usées.
Maintenant, dans le monde du travail, désorganisé et laïcisé, la guerre de classes est officiellement déclarée, et l’orateur du gouvernement en proclame la fatalité. Elle est dure, mais elle est juste.
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