‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 4)Chapitre 32 sur 58 · JEUNESSE FRANÇAISE A BESANÇON · texte numérisé non relu

JEUNESSE FRANÇAISE A BESANÇON

LE it) NOVEMBRE ■ 1900

Messeioelrs -.

Mesdames,

Messieurs,

Je revois aujourd hui, avec iiii vif sentiment de reconnaissance envers ceux dont la bienveillante sympathie m'y appelle une fois de plus, votre vieille cité, gardienne des frontières sacrées, qui, debout dans sa martiale attitude, porte en elle une âme si vibrante aux généreuses pensées, et comme façonnée, par le spectacle familier de ses monuments, au culte du beau dans les lettres et dans les arts.

Tout à l'heure, en entrant ici. quand mes yeux ont rencontré ce grand auditoire, aujourd "hui comme

1. Profitant d'une amélioration dans l'état de sa santé, M. le Comte de Mun avait accepté l'invitation pressante des Membres de l'Association. Mais l'expérience fut défavorable, et ce fut le dernier grand discours qu'il prononça.

2. Mgr Fulbert-Petit, archevèciue de Besançon. Mgr de Rcauséjour, évèque nommé de Carcassonne.

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alois si piompt à m'encouragcr de son chaleureux accueil, j'ai pu croire que rien n'était chanoé depuis cinq ans. puisrprà celte même place je salue encore le vénérable pi'élal, dont l'hospitalière bonté a daigné favoriser ce congrès comme déjà celui de 1898, puis- (ju'aussi l'honneur m'est encore une fois donné, d'élever la voix devant l'orateur ' à qui celle ville a })ris la glorieuse habitude de dresser la tribune, doii il fait entendre à la France intclleclueUe, des paroles si fortes, si courageusement décisives, et si justement retenlissanles.

J'ai pu croire que rien n'était changé et cependant, Messieurs, depuis cinq ans, quel chemin parcouru ! tpielle \ oie douloureuse, je ne dis pas seulement pour les catholiques, mais pour tous ceux qui veulent encore que la Fiance demeure chrétienne, pour tous ceux même qui demandent seulement que le nom de chrétien n'y devienne pas un titre de proscription.

C'est au lendemain de ce congrès de 1898, je m'en souviens bien, qu'éclata tout à coup, comme un signal, la première bombe lancée à la Chambre contre l'enseignement libre 1 et de])uis !! ah! je ne ferai pas ce lamentable récit ! noire calice de honte est trop profond et trop rempli, pour que je lépuise devant vous, cl, du reste, que vous dirais-je que vous ne sachiez !> quelle parole trouverais-je, quelle flétrissure me viendrait aux lèvres, qui ne soit déjà sur les vôtres ? Car, comme moi, vous vivez de celle soulîrance quotidienne, et j'en suis sûr aussi, en citoyens vraiment dignes de leurs droits, aous êtes prêts, — ce qui vaut mieux que les colères stériles et les indignations de

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