COMBATS DIIIEU KT D .VL JOURDIILI
passagère ma laissé le loinlain, mais durable souvenir.
Il voyageait |)our les iiih'i'èls de son abbaye naissante, quand il me l'ut donné de le reeexoir'. un jour, à Clermonl Ferranil où jélais en garnison, et je n'ai jamais oublié avee quel joyeux entrain, quelle grâce aimable, il parlait de la vie monastique ! La France était alors dans Téclat de ses trompeuses prospérités ; c'était deux ans avant la grande guerre. Je me souviens de quel ton grave et doux ce moine genlilbomme disait : n Nous prions et nous faisons pénitence ; c'est nijlre manière de servir le jjays 1 »
Parole profonde qui enferme toute une pailinconjiue de l'histoire humaine !
Qui peut mesurer le rôle joué dans le monde par la prière et la pénitence cachées? Qui sait de quel poids pèse, dans les destinées dun peuple, ce trésor ignoré de supplications vl de sacrifices, offerts chaque jour dans l'ombre des cloîtres pour détourner ou apaiser la colère divine?
N'est-ce pas, à notre insu, cette force surnaturelle, qui soutient et conserve notre pays, corrompu par la désorganisation sociale ? Aucune âme chrétienne ne peut en douter, et c'est pourquoi la destruction de la vie monastique est. à nos yeux, non seulement une criminelle violence, mais une menace redoutable, pai" la perspective des châtiments quelle nous prépare.
L'amour de la patrie s'ajoute ainsi à la fer\enr catholique pour mieux faire comprendre à ({uoi servent les moines.
Le Frère Gabriel, sous son humble froc, a très réellement continué de combattre pour la France, comme le capitaine Mossier sous sa tunique de dragons, et
c'est à bon droil que tu as enfermé sa chronique entre le champ de bataille et la Trappe. Le titre seul de ton livre en révèle la pensée maîtresse.
Je souhaite que beaucoup de lecteurs aillent l'y chercher et sachent l'y découvrir. Elle leur sera, j'en suis sur. aussi protltable qu'à ton vieil et fidèle ami.