A. DE MUN
SUR L\ MOUT D'UNE CHRÉTIENNE (Mad\.\ie la. comtksse de Biron '')
Bossuol termine loiaisoii funèbre de Michel Le Tel lier par ees fortes ])aroles :
« Surtout, mortels, désabusez-vous de la pensée dont « vous vous flattez, qu'après une longue vie la mort (' vous sera plus douce et plus facile. Ce ne sont pas (( les années, c'est une longue préparation (jui vous « donnera de l'assurance ; autrement... la dernière « heure n'en sera pas moins insupportable, et Ihabi « tude de vivre ne fera qu'en accroître le désir '-. »
Celle pensée ne s'ap])lique pas seulement aux mourants. Tout homme en éprouve la vérité |)rofonde. lorsqu'il entend, sur son chemin déjà long, l'avertissement toujours plus pressant du temps qui s'écoule. A marquant à peine sa trace fugitive. A chaque pas. son regard cherche en arrière la route qui s'efface, emportant les compagnons qu'il voudrait retenir.
Il s'était accoutumé à les voir près de lui : à mesure qu'ils s'en a ont. la solitude le surprend comme une injustice, et la disparition de ceux qu'il aimait d'une partieulièie affection le laisse accablé.