‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 4)Chapitre 45 sur 58 · I. Lacordaire, Sainte Mark-Madeleine, ch. i · texte numérisé non relu

I. Lacordaire, Sainte Mark-Madeleine, ch. i

espoir intiiii : et la phrase qu'elle éeriNail. sur sou cahier, le jour même où elle fut terrassée, fui désoruiais la règle de sa vie : u Mou Dieu, ne séparez pas ce que vous avez uui l »

Elle vécut, les yeux tourués vers le ciel où elle cherchait celui ([u'elle voulait aimer d'un amour éteruel : et tous les dous uaturels diutelligeuce. de dévouement et de bouté qu'elle porlail eu elle, lui servireut désormais à assuier celle éternité.

La terre lui gartlail daulrcs souffrances : elle les ressentil profondément, mais ce ne furent que des échelons qui la portèrent plus liaul : dès la première, elle s'était mise à monter vers Dieu.

La terre aussi lui offrit des joies : iucaiiable de les accueillir avec un regard austère, elle les reçut comme des dons partagés avec l'absenl. dont elle pouvait ainsi jouir sans réserve ; et. dans le besoin dexpansive lendresse qui débordait de sa nature aimanle. elle en fui heureuse autant qu'elle le pouvait. Quand il fallut les quitter, ce lut un déchirement. La parole de Bossuet se vérifia tout entière. La morl. que jadis elle avait souhaitée, ne lui parut ni douce, ni facile. Mais si sa longue vie. en multipliant autour d'elle les enlacements de la tendresse, la reieiiail à la lerre. celte \\c a\aitbien été. comme dit loralcur sacré. « la longue préparation » qui donne « l'assurance ».

Elle acheva donc, par le sacrifice de ces doux enlacements, la perfection de son âme et elle attendit, apaisée, l'heure espérée par son amour.

COMBATS I) 1111:11 i:t n AUJOUiiD nui

Loi'squc hi \oi\. qu'une conliaiicc dr Irciili' aimées lui avait loiiduc chère, l'appela pour la dernière fois, elle rouMit les yeu\ que la faiblesse avait fermés, sourit. réj)éla le nom de Jésus, et renha dans le mystérieux silence. Que vo^ail-elle déjà !•

Ceux qui l'entouraient euient l'inluilicui de sag-loire, el. sur leurs lèvres, vint sans doute cette prière qui termine le liMC aimé oîi elle avait puisé, jadis, la force du sacrifice : « Mon Dieu, accordez à la mémoire de ceux qui vous on! tant aimé la grâce de vous faire aimer davantage '. »

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