‹ Combats d'hier et d'aujourd'huiChapitre 19 sur 94 · L'EXPULSION DU CARDINAL · texte numérisé non relu

L'EXPULSION DU CARDINAL

Le coup est fait. Tout à l'heure, le cardinal Richard, cédant à la sommation brutale du gouvernement, a quitté l’archevêché. Il l'a quitté, porté en triomphe par les catholiques de Paris, qui traînaient sa voiture dételée, et formaient derrière lui, le long du boulevard des Invalides, couvert dans toute sa largeur de cette masse vivante, puis de la rue de Babylone, où elle s’'engouffrail en rangs serrés, jusqu'à la maison de M. Denys Cochin, une escorte immense d'hommes et de femmes de tous les âges, de toutes les conditions, acclamant leur archevêque et criant leur foi en des chants ininterrompus. Aux fenêtres, les mains se tendaient avec des applaudissements, les mouchoirs s’agitaient, les têtes se découvraient : à la croisée des rues, un flot nouveau s’ajoutait à la foule: les vivats, les chants chrétiens redoublaient d’ardeur et de passion.

Ce fut un spectacle magnifique, inoubliable, qui fit, de tous les yeux, jaillir des larmes et, de tous les cœurs, éclater des acclamations. Mais dans cette journée, il y eut une heure plus poignante encore.

Lorsque, dans le vestibule qui précède son salon, entre la double haie des curés de Paris, des sénateurs,

Page 1