‹ Combats d'hier et d'aujourd'huiChapitre 24 sur 94 · LM FE · texte numérisé non relu

LM FE

et la Lanterne : frappez à la caisse et tout sera fini. » Ils

comptaient si bien sur la capitulation pour entrer enfin

dans la forteresse démantelée : :

Quelle stupeur au lieu de la victoire attendue !

Ce fut pour le petit curé l'heure héroïque. Déçus

dans leurs calculs, les maîtres du pouvoir espéraient

encore dans les divisions. les défaillances et les trahi1sons ! Jadis, après la Constitution civile de 1797, il y avait eu tant de curés jureurs! Est-ce que ceux d’aujourd'hui seraient plus fidèles ? Il ÿ en avait un à Culey, un autre à Puimisson ; pourquoi pas d’autres? Pourquoi pas tous ? ï

Alors, ce furent les tentations, les intrigues, les appels à la révolte, les objurgations au nom du devoir civique. On lança M. des Houx et les cultuelles du Malin ; on encouragea M. Decker-David et les cultuelles municipales. Pour le curé, c'était la vie de chaque jour, le pain quotidien qui était en jeu, c'était la persécution peut-être violente, l’amende, la prison qui le menaçaient. [l le savait, il n’a pas faibli.

Au lieu des déserteurs espérés, l’ennemi aperçut, en

face de lui, une phalange de pauvres prêtres, les yeux tournés vers le Pape et vers leurs évêques, groupés derrière eux pour la garde de leurs autels, acceptant le dénuement, dévorant leurs angoisses, oubliant peutêtre leurs vues personnelles, et, dans ce grand exemple d’obéissance volontaire, donnant, de l’indépendance de leurs cœurs, le plus fier et le plus éloquent témoionage.

M. Briand à cru les outrager en flétrissant leur -C asservissement ». Glorieux « asservis » de la conscience, debout en face des esclaves de la haine, les

catholiques vous saluent de leur reconnaissante admiration ! | |

Sur le seuil de votre église, vous apparaissez comme les gardiens de la liberté des âmes. Laissez faire les lois et les circulaires ! Laissez la ruse rôder autour de vous, les francs-maçons jouer la comédie de la déclaration, le gendarme dresser contravention à l’Ife missa est, le maire réclamer les clés de l’église où repose, sous votre carde, le Très Saint-Sacrement !

Ce sont des manœuvres pour vous pousser doucement hors de l’église, afin de pouvoir dire ensuite au peuple crédule que vous l’abandonnez par l’ordre du Pape. Pour vous en faire sortir, il faut qu'on vous arrache de l'autel !

Voilà, pour le premier jour de l’année nouvelle, de bien austères paroles. Elles portent cependant avec elles tout un flot de confiante espérance. :

Emportés par le tumulte quotidien, nous ne mesurons pas assez l'immense portée de la révolution morale qui s accomplit sous nos yeux, plus profonde qu'aucune autre depuis un siècle.

Sans que rien, dans la vie publique, exubérante et luxueuse, se soit arrêté, tout un morceau de l'édifice national s’est écroulé d’un coup. C'était le plus ancien, le plus nécessaire à la communauté sociale, celui où, recueillies parmi les débris d’un long passé, s'abritaient depuis un siècle les croyances, les traditions, les coutumes de tout un peuple.

. Cela s’est fait, sans secousse très violente, par le jeu automatique de la machine légale. Les pans de mur

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