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sont encore debout : en apparence, rien n'est changé. Tout à l'heure, ils vont tomber comme une poussière ; alors on verra la catastrophe immense, le trou béant dans les mœurs et dans les habitudes.
Alors, à tous les yeux, paraîtra ce spectacle sans précédent, lentement machiné par trente ans de conjuration maçonnique, une société d'hommes, une réunion de familles, une communauté sociale où Dieu n'aura plus aucune place. |
C’est une immense révolution, qui porte dans ses flancs le bouleversement de l’ordre social tout entier. Amis et ennemis de l'Église, tous le comprennent. Le. monde entier assiste, frémissant, à l’horrible expérience. De toutes les parties du monde, les chrétiens encouragent, de leurs fraternelles effusions, leurs frères de France ; dans tous les pays, la Franc-Maçonnerie salue de ses transports la chute espérée de la grande nation catholique.
Laisserons-nous notre patrie sombrer dans cette aposasie? Y a-til, en France, un de ces curés que je saluais tout à l'heure, y en a-t-il un seul qui, dans sa conscience sacerdotale, se résigne à cette barbarie, et lui abandonne tout ce peuple d'enfants de Dieu, ces frères que Jésus-Christ lui a confiés, que son évêque lui a donnés en garde ? Je suis bien sûr que non.
M. Jaurès, il y a deux mois, à la tribune de la Chambre, faisant paraître l Église dans une audacieuse prosopopée, l’accusait de n'avoir plus foi dans son principe, de ne savoir plus parler aux hommes, de ne plus porter en elle le souffle de la vie.
Cette parole est restée dans mon cœur comme une cuisante injure; je voudrais la faire lire à tous les curés de France. Elle ferait bondir leurs âmes comme
la mienne. M. Jaurès croit que l’Église ne peut trouver la vie que dans l'évolution des croyances et lamoindrissement des dogmes. Le plus humble des prêtres de campagne en sait là-dessus plus que tous .les philosophes. La vie de l'Église est dans la foi, pleine, entière et agissante. Montrer au peuple cette action de la foi et la lui faire par là respecter et aimer, voilà l’œuvre d'aujourd'hui.
-Expulsés par la loi, les curés rentreront par le cœur ; jetés dans la misère, privés de tout, ils garderont ce qui ne peut leur être ravi, la puissance d’une âme apostolique. Chassés de l'Église, ils iront sur les chemins, dans les maisons, au chevet des malades, pour y porter le nom de Jésus. Séparés du peuple par la violence, ils iront le chercher partout où le rassemblent et l’agitent ses besoins, ses souffrances, ses intérêts.
Quand on leur demandera qui leur a donné, dans
l'épreuve, cette vertu, ce courage, cette abnégation , ils diront que c’est l'Église catholique, leur mere, pour laquelle ils subissent la persécution et qui leur enseigne comment ils doivent s’en venger.
Alors, de ce contact entre l'âme sacerdotale et l'âme populaire, naîtra peu à peu la société nouvelle que nous ne voyons pas encore, mais qu'il faut préparer à travers l’obscurité du temps.
Une fois de plus, les persécuteurs de l'Église auront, sans le savoir, frayé le chemin de ses immortelles destinées, et ce sera la gloire des petits curés de France d'y avoir marché les premiers.
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