LA FAÏILLITE DE L'ÉCOLE
Il ya un peu plus de vingt ans, le 26 octobre 1886, la Chambre des députés, en votant la loi sur la laïcisation du personnel enseignant des écoles primaires, achevait le cycle de la législation scolaire, dont les phases successives se déroulaient depuis cinq ans.
Trois mots exprimaient la pensée du régime nouveau, élaboré dans les assemblées maçonniques, et que Jules Ferry tira de leur ombre pour en faire, avec une
tenace énergie, la formule intellectuelle de la troisième.
République.
Obligation, gratuité, laïcité, tels fürent Lea titres de la dramatique trilogie où se joua, par la conquête des générations nouvelles, l'avenir de la patrie.
En ce temps-là, on n’osait pas encore offrir aux jeunes Français l’idéal humanitaire de la fraternité interna-
tionale, ou du moins on ne l’osait plus. Les souvenirs
tragiques étaient trop proches. Jules Ferry et Paul Bert abjuraient les illusions et les « périlleuses utopies » de
leur jeunesse. La franc-maçonnerie enveloppait son
œuvre dans les plis du drapeau vaincu, et s’efforçait, en invoquant la religion de la patrie, de lui donner une sorte de grandeur nationale.