‹ Combats d'hier et d'aujourd'huiChapitre 43 sur 94 · LE PROCÈS DE M. L'ABBÉ JOUIN · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DE M. L'ABBÉ JOUIN

« Les vrais magistrats sont les soutiens de tous ceux qu'on opprime. » Cette maxime est du comte Almaviva, dans la scène dernière du Barbier de Séville. J’ose en recommander la méditation à MM. les juges de la neuvième Chambre. Le jugement qu’ils ont rendu samedi dernier, en condamnant à seize francs d'amende M. le curé de Saint-Augustin, marque déjà dans leurs âmes

le trouble précurseur des salutaires résolutions.

Je ne voudrais pas en affaiblir la portée, et cependant, dans ce jugement lui-même, qui est pour la tyrannie un commencement de flétrissure, il reste une thèse sur laquelle il faut ici très nettement s'expliquer.

M. l'abbé Jouin était poursuivi en vertu de l’article 35 de la loi de Séparation de l'Église et de l'État. Que dit cet article : « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique.…, le ministre du culte qui s’en est rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans... »

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