ATTENDONS
Depuis hier, M. Clemenceau n'est plus que le chef nominal du ministère. Sa hautaine dictature est finie : il gouverne sous la protection de M. Briand.
Mardi, quand il descendit de la tribune où, durant
une heure, lui dont autrefois le verbe tranchant com-
mandait le silence, il avait subi les «bruits de conversation » de l'auditoire stupéfait et lassé, il sembla pétdu: à:
M. Briand l’attendait là. Il pouvait le laisser aller, comme un débris, aux mains déjà tendues des socialistes : il n’avait qu’à se taire. IL aima mieux le sauver, et cette générosité lui fut doublement fructueuse.
Un jour, il y asix mois, dans une mémorable séance, chassé de son banc ministériel par les railleries de M. Clemenceau, ilavait dü, l'instant d’après, y reprendre humilié la place où M. Jaurès le ramenait, captif de son injurieuse tolérance. |
Hier, il prit enfin la revanche longtemps attendue. Voyant le gouvernail abandonné, il le saisit d’une main prompte, et, s'étant vengé de M. Clemenceau en l'y enchainant avec lui, d’un coup de barre auda-