LA SUITE DE LA SÉPARATION
Le temps des vacances est propice à la réflexion. Loin du bruit politique, dans l’immuable sérénité des champs, la pensée s’affine. La parade oratoire, transportée dela tribune aux tréteaux officiels, ne la trouble plus. À travers le mensonge des mots, elle aperçoit les faits : elle en saisit le sens profond.
Les discours prononcés en l'honneur de Garibäldi m'ont donné cette sensation très nette. Ce verbiage m'a irrité comme l’assourdissant tapage des forains. Derrière le rideau le patient m'est apparu, douloureux et berné : c’est la France.
Il faut être de mon âge, avoir le cœur battu par le flot pressant des souvenirs, pour comprendre ces émotions-là.
Garibaldi, pour nous, il y a trente-cinq ans, c'était la vivante expression de la Révolution, avec ses panaches flamboyants et ses mots pompeux, avec ses dehors de patriotisme bruyant et ses dessous de conspiration secrète ; c'était l’aventurier chargé, par elle et pour elle, des besognes inavouées el que, dix ans durant, nous