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CESTYOTRE, FAUTE”
M. Funck-Brentano, dans cette passionnante histoire de Mandrin, qu'il vient de publier, cite une lettre de Voltaire qui me paraît d’une admirable actualité. Il écrit de Prangins, le 14 janvier 1755, à la duchesse de Saxe-Gotha, à propos des exploits du «plus magnanime des contrebandiers » : «Ce bri-
gandage peut avoir de grandes suites... Paris se moque
de tout cela et ne songe qu'à son plaisir: il a de mauvais opéras et de mauvaises comédies, mais il rit et fait de bons soupers. »
Paris n’a pas beaucoup changé depuis cent cinquante ans. Je ne voudrais pas insinuer, Dieu m'en garde! qu'il ait de mauvais opéras et de mauvaises comédies : ce n’est pas ma partie. Mais je crois pouvoir assurer, sans me compromettre, qu'il rit et qu'il fait de bons soupers. Le « brigandage public », suivant la forte expression de mon ami Groussau, qui s'exécute hebdomadairement au Palais-Bourbon, ne l’émeut pas plus que celui de Mandrin, lèquel avait au moins l’excuse d’être une riposte aux exactions de l’administration des Fermes, et de garder dans ses violences