L'ÉGLISE LIBRE DANS L'ÉTAT LIBRE
La Chambre a achevé, samedi soir, « l’expropriation des morts ». Le grave et magnifique discours de M. Piou a dominé les dernières discussions de toute la hauteur d’une éloquence émue, et d’une logique pressante. Je n’y ajouterai rien. Tout a été dit, la conscience publique est fixée.
Mais, dans la séance de vendredi, un incident s’est produit, qui m'invite à quelques réflexions. Je parle du discours de M. l’abbé Lemire.
Évoquant les discussions qui s'étaient produites après le vote de la loi de Séparation, il a dit : «Il y avait la tendance de Mun et la tendance Castelnau. » Cette révélation a mis en joie la gauche et l’extrêmegauche. Ces messieurs ont la spoliation gaie.
Nul, je pense, n’ignorait qu’à cette époque, il y avait des catholiques qui désiraient que la loi de Séparation fût acceptée, d’autres qui souhaitaient le contraire. Les uns et les autres défendaient leurs opinions très hautement et très librement : c'était leur droit.
J'ai exprimé la mienne au banquet de clôture du congrès de l’Action libérale : M. l'abbé Lemire l’a rappelé. Cela est vrai, et je ne regrette aucune de mes