DE PARIS A OUDJDA
Oudjda! un flot de souvenirs m'envahit à ce nom évocateur des visions d'autrefois. C'était au printemps de 1866. J'étais au terme d’une mission particulière, pour laquelle, avec un camarade, je venais de traverser, à cheval, l'Algérie dans toute sa largeur.
De Tlemcen, nous étions, la veille, arrivés à Lalla
. Maghnia, où il n’y avait alors qu’un bordj presque isolé. :
.. Nous avions couché là, accueillis par le commandant supérieur et les officiers du détachement de spahis, avec cette cordiale fraternité qui faisait des troupes d'Afrique une grande famille.
Le lendemain matin, nos hôtes nous menèrent aux environs du fort, sur la ligne de convention qui marquait la frontière du Maroc. La plaine ondulée, nue et grisätre, tachée çà et là de marques plus sombres par les buissons de jujubiers, s’étendait devant nous, lointaine et monotone : le ciel, traversé par le souffle tiède du printemps, était de ce bleu transparent et léger, dont Fromentin a si bien rendu la couleur.
Nos guides étendirent le bras vers l'Ouest : « Là, derrière le Kondiat-el-Khodra, c'est l'Isiy l» L'Isly!