LE PARTI SOCIAL
Quand Lamartine, entrant au Parlement de la monarchie de Juillet, répondait aux railleurs qui l’interrogeaient sur son parti: «Je serai du parti social », il avait, comme en presque tous les sujets que toucha son abondante parole, une vue divinatrice de l'avenir.
Le parti social! Que voulait dire ce rèveur ? La société fondée par la Révolution n'était-elle pointétablie sur d’immortels principes, et les économistes n'avaientils point, une fois pour toutes, posé les lois immuables qui, désormais, régleraient l’organisation du travail? Quelles utopies tourmentaient done cette âme de poète ? | |
Plus de soixante années ont passé et, malgré les
lecons d’un demi-siècle d'histoire, je crains que beaucoup de conservateurs n’en soient, encore aujourd'hui, au même point que les bourgeois de 1830.
Pourtant, ce qui n’était, au temps de Lamartine, que l'intuition des nécessités lointaines, est, à l'heure présente, devenu l’expression même de la plus pressante actualité, pour quiconque, législateur ou simple citoyen, prétend exercer quelque influence dans ce pays.
La grande, la mortelle faiblesse de ceux que la