De Barthélémy, Revue de Bret. et de Vendée, III
ment en punition de leur maladresse; quand, au contraire, ils rompaient bien leurs gaules dans cette fente du poteau, la machine demeurait immobile et ils passaient francs. On doit bien penser que les rieurs ne manquaient pas à Combour lorsqu'avait lieu cette course de la quintaine qui devenait ainsi une vraie fête villageoise.
Continuons rénumération des droits féodaux appartenant au comte de Combour.
Les hommes du Grand bailliage de Combour étaient obligés de remplir un devoir de « message, » consistant « à faire le port des lettres et messages de bouche, chacun à leur tour, et soubs quatre lieues du chasteau de Combour, lorsqu'ils en sont requis par ordre du seigneur de Combour. » Les hommes du bailliage de Beauvais étaient aussi tenus de faire « la pesche et prise des civeteaux en l'estang de Combour, et d'en faire le déport audit chasteau, ainsi qu'est accoustumé; enfin les mêmes devaient, quand ils en étaient requis, se mettre « en armes et conduire les criminels condamnés à mort depuis le chasteau de Combour jusqu'à la justice patibulaire l. »
Le prieuré de la Trinité de Combour, dont l'église subsiste encore à l'ombre du vieux château, ayant été fondé par les seigneurs du lieu, devait acquitter certaines redevances au profit du baron de Combour. Elles consistaient en « trois barriques de vin breton et trois de vin d'Anjou, » dues chaque année à trois termes, plus « neuf chouesmes2 et neuf miches feuilletées en pain de froment, payables aux
1. Déclarations de Combour en 1580 et 1682. •2. Pains blancs de première qualité.
jours de Saint-Martin, Noël et Pasques. » Ces barriques de vin, ces chouesmes et ces miches devaient être portées au château par le prieur, qui de plus était tenu de « fournir de paille les prisons dudit chasteau et de la ville de Combour, tant aux bassesfosses qu'ailleurs l. »
Les paroissiens de Québriac devaient la rente annuelle de 5 sols monnaie et d'une « miche feuilletée » payables le jour de la Pentecôte au château de Combour. Ceux de Montdol, chaque année, « une paire de gants blancs. »
Le jour de l'Ascension il était dû, chacun an, au sire de Combour, par les bouchers de Dol, en l'acquit des pelletiers de cette ville, « une pelisse blanche de telle grandeur qu'elle puisse couvrir et entourer un fût de pipe et que les manches soient de telle largeur qu'un homme armé y puisse passer le bras facilement. » D'autres habitants de Dol, « à cause des terres de la Motte estant en dehors de l'église Saint-Samson, » devaient de rente au comte de Combour « une livre de poivre2. »
Au seigneur de Combour appartenait le droit de tenir en sa ville un marché tous les lundis et plusieurs foires par an. En 1547 ces foires, au nombre de trois, se tenaient à la fête de Notre-Dame l'Angevine (8 septembre), le mardi de la Trinité et le premier jour de juillet.
Deux autres foires furent accordées au marquis de Coëtquen par lettres patentes du roi en date de mai 1623; elles furent fixées l'une au 15 mai et l'autre au 5 août, pour être tenues à Combour3.