‹ CombourChapitre 23 sur 82 · LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LE CHATEAU

Souvenirs historiques. — Le château de Combour au xviii8 siècle. Chateaubriand à Combour. — Etat actuel du château.

Le château de Combour, construit sur un rocher dont un étang baignait primitivement la base, était au moyen-âge une place forte d'une certaine importance. Nous avons dit que ses premiers seigneurs furent de rudes batailleurs. En 1064 les barons du pays de Rennes, mécontents du duc de Bretagne Conan II, formèrent une ligue contre ce prince et mirent à leur tête Rivallon de Combour. Celui-ci appela à son secours Guillaume duc de Normandie et en l'attendant alla s'enfermer à Dol dans la forteresse qu'il avait construite malgré l'opposition de l'archevêque; il y soutint l'assaut de l'armée ducale, mais se vit bientôt débarrassé de Conan qui, à l'approche de Guillaume de Normandie, leva le siège de Dol et se rendit à Dinan ; le duc y fut assiégé à son tour par les Normands et forcé de rendre cette ville à Guillaume qui regagna ensuite son duché.

A peine Guillaume de Normandie se fut-il retiré que Conan II voulut se venger de la révolte de

Rivallon de Combour et le punir d'avoir appelé les étrangers en Bretagne. Ayant appris que Rivallon s'était enfermé dans son château de Combour, il vint l'y assiéger. Ce qui prouve la force de ce château, c'est que le duc parut sous ses murs accompagné d'une belle armée et de puissants barons, Geffroy comte de Rennes, Morvan vicomte de Léon, Raoul de Gaël, Judicaël de Lohéac et Alain de Rieux. Le siège de Combour fut vivement mené par Conan ; il s'empara de la place, se rendit maître de Rivallon, envoya ce dernier en exil et étouffa la révolte qu'il avait suscitée (1065) '.

Un siècle plus tard, Combour soutint un nouveau siège. Une ligue de mécontents s'était encore formée contre le duc de Bretagne Conan IV, à l'instigation de Jean II de Dol, sire de Combour; celui-ci rallia à sa cause le comte de Léon et les barons de Fougères et de Porhoët qui continuèrent la lutte après sa mort, arrivée en 1162.

Battu en plusieurs rencontres par ses barons révoltés, Conan appela à son secours Henri II, roi d'Angleterre. Ce prince donna ordre à Richard comte dTIumière, son connétable, d'assembler les barons de Normandie et d'attaquer ceux de Bretagne; Richard obéit, entra dans notre province et fit au mois d'août 1164 le siège de Combour, dont il s'empara2. Il prit également Dol, et Henri II, s'étant emparé lui-même de Fougères, demeura malheureusement maître de la Bretagne.

Pendant quinze ans le roi d'Angleterre « broya

1. D. Lobineau, Hist. de Bret., 97. — A. de la Borderie, Cours d'Histoire de Bret., I, 59.

2. D. Lobineau, Ilist. de Bret., 154. — Combour appartenait alors à Yseult de Dol, placée sous la tutelle de Raoul baron de Fougères.

la Bretagne dans ses mains de fer et s'efforça de la transformer en province anglaise, mais il se heurta à une résistance opiniâtre qu'il ne put dompter. De 1167 à 1178 huit révoltes éclatèrent coup sur coup sous la patriotique impulsion de Bretons dont les noms doivent être cités avec admiration et respect 1. » Parmi ces intrépides champions de a liberté bretonne figure Raoul de Fougères qui parvint en 1173 à reprendre aux Anglais le château de Combour2.

Sous le règne de Pierre Mauclerc, Jean de Dol, seigneur de Combour, eut beaucoup à souffrir de ce duc de Bretagne qui s'empara de son château; le sire de Combour réussit néanmoins à recouvrer cette forteresse, mais il ne put empêcher les of liciers du prince, Normand de Québriac de saccager les environs de Combour et Robert de Sorel de mettre deux fois le feu en la ville de ce nom. C'est ce que nous apprend une enquête faite en 1235 en faveur de Jean de Dol demandant à être indemnisé de tous ces dégâts 3.

Durant la longue et terrible guerre de la Succession de Bretagne du Guesclin dut combattre souvent dans le pays de Combour; on ne voit pas cependant que le château ait été, à cette époque, l'objet de quelque siège. Mais d'Argentré raconte que l'illustre chevalier breton « rencontra aux landes de Combour, » du côté de Mcillac, une troupe d'Anglais commandée par Jean Felleton; après avoir fort vaillamment « rompu leurs lances les uns les

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