‹ CombourChapitre 27 sur 82 · Abbé Brune, Cours d'archéologie religieuse · texte numérisé non relu

Abbé Brune, Cours d'archéologie religieuse

DO

Quand on a gravi le grand perron et franchi la porte d'entrée du château de Comhour, on se trouve dans un vestibule richement décoré : en face apparaît le buste en marbre de l'auteur des Martyrs ; n'est-il pas juste qu'ils reçoive tout d'abord l'hommage des visiteurs? La voûte de ce vestibule est en pierre et sur croisée d'ogives; on y a peint plusieurs écussons dont les brillants émaux enlèvent un peu de la demi-obscurité régnant dans la pièce : à la place d'honneur l'écu des rois de France; sur les portes l'hermine des ducs de Bretagne; çà et là dans la voûte les armoiries des familles ayant possédé la seigneurie de Combour et des nobles maisons qui leur furent alliées.

A droite de cette entrée est un salon, à gauche se trouve la chapelle. Celle-ci sombre et basse est telle qu'au siècle dernier; son ameublement seul est moderne. Dans le salon qui lui fait vis-à-vis, une haute et belle cheminée moderne offre au centre de son ornementation sculptée une hermine passante surmontée de la couronne ducale; en face une vaste fresque couvrant toute la muraille reproduit un fait historique justement cher à la famille qui possède aujourd'hui Combour : c'est le roi saint Louis changeant les armoiries de Geoffroy IV, baron de Châteaubriant, en récompense des services qu'il lui avait rendus par sa vaillance; ce prince autorisa le noble chevalier ainsi que sa postérité à porter désormais les propres armes de France qui étaient alors des fleurs de lys sans nombre; l'émail seul du champ de l'écu fut changé; d'azur qu'il était pour le roi, il devint de gueules, c'est-à-dire rouge, pour le sire de Châteaubriant; ce qui fit prendre aux descendants de ce baron

cette fîère et courageuse devise : Mon sang teint les bannières de France l.

De ce petit salon nous entrons clans la bibliothèque occupant la tour du Croisé. Au milieu de cette pièce sont le bureau et le fauteuil de bureau qu'avait à Paris Chateaubriand quand il mourut. Ces meubles se trouvaient naguère dans la chambre du grand écrivain et n'ont été descendus que depuis quelque temps clans la bibliothèque. A côté se trouve une singulière relique, c'est sous verrine le squelette d'un chat trouvé clans la muraille de la tour du château portant encore le nom de tour du Chat. Cet animal était légendaire à Combour, accompagnant certain revenant qui devait être Malo, marquis de Coëtquen, dont la jambe fut emportée par un boulet au combat de Malplaquet et qui, comme nous l'avons dit, mourut à Combour en 1727. Il est fait mention cle ce seigneur et de son chat clans les Mémoires cl' Outre-Tombe : « Les gens étaient persuadés qu'un certain comte cle Combourg, à jambe de bois, mort depuis trois siècles2, apparaissait à certaines époques, et qu'on l'avait rencontré clans le grand escalier cle la tourelle; sa jambe cle bois se promenait aussi quelquefois seule avec un chat noir3. »

L'ancienne cour intérieure du château a été en partie convertie en un hall sobrement, mais artiste-

1. Les barons de Chàteaubriant portaient primitivement un papellonnê ou des plumes de paon sans nombre (sceaux de 1199, 1214 et 1217), mais le P. du Paz assure avoir vu un autre de leurs sceaux, de 1207, présentant : de gueules à des pommes de pin d'or sans nombre; peut-être a-t-il pris le papellonnê pour des pommes de pin. Ce fut avant son retour de la Croisade (1250) que Geoffroy IV de Chàteaubriant reçut du roi les fleurs de lys, car elles se trouvent sur ses sceaux dès 1242 et 1247.

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