D. Michel, Histoire ms. de Marmoutiers
leur accorder le saint habit de la religion. Mais parce que Guitmond avait encore sa femme, elle consentit à la séparation et promit de son côté de garder toute sa vie la continence. Les religieux de Marmoutiers, voyant la générosité et la piété de cette dame, lui promirent de la regarder aussi à l'avenir comme leur sœur et de lui faire tout le bien qu'ils pourroient. Ils promirent même à Boutier, son second fils, de le recevoir aussi parmi eux, s'il vouloit imiter la piété de son père et de son frère l. »
L'autre famille possédant la seconde moitié de l'église de Combour avait pour chef Ri vallon, père de Guitmond dit le Chat et d'Haimon. Après la mort de Rivallon, ses enfants jouirent avec leur oncle Raoul, fils d'Hervé, de leur part de l'église; mais probablement touché de l'exemple que venaient de leur donner Guitmond et ses fils, sachant d'ailleurs que l'évêquc d'Aleth voulait à tout prix faire cesser le triste état dans lequel se trouvaient trop d'églises dans son diocèse, et craignant à juste titre ses anathèmes, Raoul, Le Chat et Haimon renoncèrent aussi eux à leurs injustes prétentions sur les revenus de l'église de Combour et abandonnèrent tous leurs droits aux religieux de Marmoutiers ; Orvenne, femme de Raoul, voulut elle-même confirmer cet acte de restitution. Benoist, évoque d'Aleth, approuva toutes ces donations à Dinan, en présence de ses archidiacres, le jeudi de la première semaine de Carême, Fan 1099 2.
Guitmond Le Chat exécuta sa promesse et les
1. I). Marléne, Jlist. de MavmoulierSj I, 405. — D. Morice, Preuv. de l'IIist. de Bret., I, 493.