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CHAPITRE XXII FOURS A GOKB

Historique. — Classification des fours. — Appareils de carbonisation à Vair libre.

— Meules. — Fours Schaumburg. — Appareils de carbonisation en vase clos.

— Fours de boulanger. — Four anglais. — Four français. — Four à ruche Eaton. — Four Gibson. — Four Appolt. — Four belge. -- Four Coppéc.

Historique. — D après une patente, accordée, en 1651, à un certain Jérémias Buck pour un procédé de traitement des minerais à l'aide de la houille sans carbonisation préalable [withoui charking)^ on doit admettre que la fabrication du coke pour les usines métallurgiques était déjà usitée alors. Toutefois cette fabrication était encore peu connue, ainsi qu'on peut le conclure d'un ouvrage de Becker (1683), qui, pendant un séjour en Angleterre, s'occupa de la distillation sèche de la houille. Becker écrit : « J'ai trouvé un nouveau procédé pour transformer la houille et la tourbe en combustibles de bonne qualité, qui n'ont plus d'odeur. » Et plus loin : « ... Lorsque j'ai fabriqué du goudron en Angleterre... »

L'application industrielle de cette découverte paraît avoir été retardée pendant longtemps par de nombreuses difficultés. Dans V Histoire du Siaffordshire de Plot (1686), on trouve noté: que le produit de la carbonisation de la houille était connu et utilisé pour remplacer le charbon de bois, mais que l'effort des inventeurs était, i cette époque, dirigé vers l'introduction de ce combustible dans les usines métallurgiques. L'auteur ajoute que ce produit se prépare oomme le charbon de bois et porte le nom de « coak ». C'est la première fois que ce mot est employé, et son origine est assez obscure.

Pour la première fois, en 1734, Swedenborg indique, dans son Regnum subCerraneum, que le coke est employé, dans certains districts d'Angleterre, pour le travail des hauts fourneaux. Il résulte

du témoignage de Jars {Voyages métallurgiques) que, de son temps (1769), on employait, pour fabriquer le coke, aussi bien des meules que des fours fermés. La disposition et le service de ces fours sont décrits par Horn, en 1773, dans son ouvrage sur la métallurgie {Essays ccmcerning iron and steel). Du temps de Watson {Chemical essays), l'emploi du coke était déjà général dans les hauts fourneaux anglais.

Classification des fours. — La carbonisation de la houille peut se faire à Tair libre ou en vase clos. Si elle se fait en vase clos, elle aura lieu avec une plus ou moins grande admission d'air, suivant les types de four. Enfin on effectuera ou non la récupération des gaz produits lors de la combustion.

Les meules et les fours ouverts à leur partie supérieure sont les appareils où la carbonisation se fait à Tair libre. En général, ces appareils n'ont guère qu'un intérêt historique. Aujourd'hui la carbonisation s'opère partout en vase clos. En outre, l'idée qui préside aux installations des fours à coke est non seulement de ne plus laisser brûler à Tair libre les gaz de la combustion et d'utiliser comme force motrice leurs calories sous une chaudière, mais encore d'extraire les goudrons et les substances ammoniacales que contiennent ces gaz. Cette récupération des sous-produits devient ainsi une source de gros bénéfices.

Un autre avantage dû à l'emploi du vase clos est de pouvoir carboniser toutes les catégories de houilles depuis les houilles très maigres jusqu'aux houilles extra-grasses. Autrefois, le charbon type destiné à faire du coke était celui qui contenait de 20 à 22 0/0 de matières volatiles. Les charbons plus maigres brûlaient sans se cokéfier dans les appareils employés. Les charbons plus gras donnaient un coke trop léger pour les besoins métallurgiques. Pour bien cokéfier les qualités maigres, on a fait des mélanges ou on a imaginé des fours étroits où une haute température est obtenue plus rapidement. On a eu recours également à la compression de la charge du four, compression faite avant la combustion, ou pendant la combustion, cette méthode s'appliquant surtout avec avantage aux houilles riches en matières volatiles.

Les appareils de carbonisation de la houille peuvent dès lors se diviser en deux grandes classes :

1° Appareils de carbonisation à l'air libre ;

2° Appareils de carbonisation en vase clos.

Quant aux appareils en vase clos, ils se partagent à leur tour en trois classes :

1** Fours sans récupération ;

2*» Fours avec récupération ;

3** Fours avec compression.

Les types les plus usuels de ces diverses catégories seront successivement indiqués.

Appareils de carbonisation a l'air libre. — Ces appareils appartiennent à deux types distincts : les meules et les fours rectangulaires ouverts à la partie supérieure.

Meules. — Les meules qui ne sont plus guère employées étaient en faveur autrefois, en Angflelerre, pour des charbons maigres. On

Fio. 160. — Meule pour la carbonisation de la houille.

leur donnait 5 à 6 mètres de diamètre avec une cheminée centrale en briques, munie d'évents et présentant 0"*,50 de diamètre pour i°,40 de hauteur {fig. 160).

La mise en feu se fait par le bas de la cheminée. On couvre la meule, vers la fin de Topcration, pour empêcher la charge de rougir. Les charbons se placent sur un plancher d'escarbilles de coke écrasées. Il faut avoir soin de mettre les gros morceaux à la base. On place les autres par lits successifs en les inclinant vers l'intérieur pour faciliter la circulation des gaz.

On met le feu aux meules à l'aide de charbons incandescents, en commençant par les parties voisines de la cheminée. Dans ces conditions, la combustion se propage du centre vers la circonférence, en sens inverse du courant d'air, qui entre dans la meule à la partie inférieure et sort par la cheminée.

Les seules différences qu'on observe entre les différents modes de conduite des meules sont relatives à leur couverture. Dans certains pays, on ne dispose pas de chemises autour des meules, au début du travail, et on ne les recouvre qu'à la fin de la carbonisation. Dans d'autres, la chemise s'établit dès le début, mais en laissant la partie inférieure nue sur une hauteur de 0"*,iO à 0"*,20 Jusqu'à la dernière période de l'opération. Certains ouvriers enflamment la meule par le haut, en disposant le feu tout autour de Torifice de la cheminée ; d'autres mettent le feu par le bas, en jetant des matières incandescentes dans la cheminée. Dans les deux cas, la cheminée reste découverte au début.

Aussitôt que le feu a pris dans les premières couches de houille qui entourent la cheminée, il se dégage, par celle-ci, une fumée épaisse, et bientôt il sort des flammes abondantes. Si Ton n'a pas disposé de chemise au début sur la meule, on doit la construire à cet instant, pièce par pièce, en commençant par le sommet et en descendant peu à peu, au fur et à mesure des progrès de la carbonisation. Si la chemise a été ménagée dès le début, on n'a qu'à la renforcer et à l'étendre jusqu'au pied de la meule. Pendant le travail, on cherche à conserver au feu une marche régulière, en ajoutant une couche épaisse de scories, sur les points où la combustion est trop active, en diminuant le revêtement, sur les points où elle est trop lente. L'apparition de belles flammes bleues est l'indice que la carbonisation est complète. Lorsque toute la fumée a disparu, ainsi que la flamme éclairante, on bouche l'orifice de la cheminée, on renforce la chemise sur toute la surface avec des scories mouillées, et on laisse refroidir. Les petites meules restent deux ou trois jours en feu, et les grandes dix jours et plus. Avant de retirer le coke, on l'éteint en versant de l'eau par la cheminée.

Le rendement était de 60 0/0 avec des charbons maigres et de 40 0/0 avec des charbons gras ; les frais s'élèvent environ à 1 fr. 25 ou i fr. 50 par tonne. On peut carboniser ainsi iO à 30 tonnes de combustible à la fois. Jusque dans ces dernières années on employait les meules en Silésie.

Fours Schaumburg. — Les fours ouverts rectangulaires ou fours Schaumburg, ouverts à la partie supérieure, ont été imaginés aussi en Silésie. On en trouve parfois encore en Russie.

Ils sont formés par deux murs hauts de 1*",57, longs de 13 à 18 mètres et distants entre eux de 2",50. A 0'",50 ou0",60 au-dessus

FOURS A GOKB

de la sole, on perce dans les murs une série d'évents placés à O'^GÔ les uns des autres. Sur ces évents viennent aboutir des cheminées verticales.

Pour charger le four, on place une couche de menu jusqu'à hauteur des trous d'évent. Puis on dispose à travers les évents des morceaux de bois. On met encore 0'",i6 de menu, enfin une couche de terre de 0",06. On mure et Ton retire les morceaux de bois disposés dans la masse.

La mise en feu se fait par les évents, en ayant soin d'opérer alternativement sur les deux murs et de boucher avec an tampon la cheminée correspondant à révent qu'on met en feu. La marche de la carbonisation se règle ensuite par l'ouverture ou la fermeture de certains évents.

Toutes les précautions à prendre pendant le travail se réduisent à maintenir libres, à l'aide de tringles et de crochets, les carnaux horizontaux qui servent au tirage. Si Tun de ces carnaux vient à se boucher, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de le dégager, et, si plusieurs s'engorgent les uns à côté des autres, le travail est forcément mauvais. Quand il fait du vent, on doit natu-

Fio. 161. — Four Schaumburg.

(Coupe transversale.)

Fio. 162. — Four Schaumburg. (Coupe longitudinale.)

rellement fermer plus ou moins les carnaux b, de façon à modérer le tirage (A^. l«i). Toutes les fissures qui pourraient se produire» en cours de travail, dans le revêtement d'argile, doivent être soigneusement bouchées, pour éviter des irrégularités dans le tirage.

Au bout de huit jours, la carbonisation est complète. On le reconnaît à ce qu'il sort en c une flamme blanche, et à ce que la masse offre une certaine résistance à l'action d'une tige introduite

par le haut. On ferme alors tous les conduits de tirage, et, au bout de deux jours, le feu est assez éteint pour qu on puisse démolir les murcttes qui ferment les ouvertures et défourner le coke. Les canaux h divisent la masse de coke en deux couches superposées; la couche supérieure donne des produits particulièrement beaux; on

en relire souvent des blocs de coke do

I mètre de long sur 0",30 de large.

On obtient un rendement de 55 à 58 0/0.

L'opération dure dix jours dont huit pour la carbonisation et deux pour le refroidissement.

Avec certains charbons du bassin du Donctz on obtenait, jusque dans ces dernières années, un coke dense, d'aspect brillant et se divisant en morceaux de forte dimension. Les fours avaient 21", 30 de longueur, 2™, 70 de largeur, 2 mètres de hauteur et contenaient 460 tonnes de charbon. Chaque four coûtait 2.250 francs.

II cuisait en six ou huit jours, faisant 40 fournées par an et donnait 55 0/0 de rendement. Les frais étaient de 1 fr. 50 à 2 francs par tonne de coke.

APPAREILS DE CARDOMSATION EN VàSE

CLOS. — Cette catégorie de fours à coke est la plus nombreuse, et il faut y distinguer des types très différents les uns des autres : le four de boulanger ou four à ruche, le four Appolt, le four belge avec toutes les transformations qu il a subies dans ces dernières années. Fours de boulanger. — Dans ces fours, comme dans les appareils précédents de carbonisation à Tair libre, la carbonisation totale n'a lieu qu'aux dépens de la combustion d'une partie du charbon. La perte sera d'autant plus grande que l'admission d'air sera mal réglée et trop considérable.

Ces fours présentent tous une chambre de combustion presque entièrement fermée, et c'est la forme de cette chambre qui différencie les divers fours, suivant qu'elle est ovale, circulaire ou rectangulaire

Fio. 163 et 164. — Four de boulanger pour la carbonisation de la houille.

et surmontée d'une voûte en plein [cintre ou surbaissée. Ces fours conviennent seulement à la carbonisation de houilles grasses qui collent facilement.

Four anglais. — Le four à sole ovale est appelé souvent four anglais {fig. 163 et 464). Les axes de la courbe auront, par exemple, 4 mètres et 3",50. La sole qu'on constitue avec des briques posées de champ sur un lit de béton, est parfois refroidie par une circulation d'air dans une galerie inférieure. Les piédroits ont une hauteur variable depuis 0"',45 jusqu'à 1",10, suivant que la hauteur de charge de la houille est 0'°,35 minimum ou 1 mètre maximum. La voûte a une hauteur sous clef de 1",25 pour des charges de 1 mètre de charbon. Elle présente à son sommet une ouverture circulaire de 0",40 par où s'échapperont les gaz de la combustion.

L'air nécessaire à la combustion arrive par la porte qui est formée d'un cadre de 0",70 sur 0",50 de largeur. Ce cadre comporte des registres réglables à volonté pour l'admission de Tair.

Les fours sont établis par batterie de dix ou de vingt sur un seul ou sur deux rangs, une seule cheminée recevant les produits de la combustion. Au-dessus des fours circulent des wagonnets pour l'enfournement de la houille. Le défournement se fait par la porte avec la pelle et le ringard.

La durée de la carbonisation varie avec la hauteur de la charge, ainsi qu'il suit :

24 heures 35 à 40 centimètres de hauteur de charge.

48 heures 50 à 60 — —

3à4jours 70 à 80 — —

5 jours 90 centimètres à 1 mètre de hauteur de charge.

On opère la mise en feu, puis la chaleur, gardée par les parois, suffit pour les carbonisations ultérieures. Quand la carbonisation est terminée, il faut fermer toutes les arrivées d'air et attendre le refroidissement jusqu'au rouge sombre avant d'opérer le défournement. On laisse écouler douze à dix-huit heures suivant l'importance de la charge.

Après déchargement on charge de suite s'il s'agit de houilles maigres, pour que le four n'ait pas le temps de se refroidir. Avec des' houilles grasses on peut, au contraire, attendre un quart d'heure.

On charge 3.000 à 4.000 kilogrammes de charbon. Le rendement

en coke est de 62 à 65 0/0. Ce rendement est d'autant meilleur que la carbonisation est plus lente et le coke obtenu est en conséquence plus dur et plus soKde, mais il diminue quand l'opération se prolonge au-delà de quatre jours, parce que le coke est trop longtemps exposé à Faction comburante de Tair.

Chaque four coûte 500 à 800 francs et peut durer deux ans. Les réparations les plus coûteuses sont celles de la porte. Les frais de carbonisation s'élèvent à 2 fr. 50 par tonne de coke.

Dans ces fours la combustion, comme nous Tavons dit, se fait de haut en bas. Il en résulte deux inconvénients. Il se formera d'abord, à la partie supérieure de la charge, une croûte qui peut empêcher la propagation de la chaleur. On obtiendra un coke poreux et friable. En second lieu, si la sole s'échaufiTe trop, le charbon s'effrittera, et il y aura production d'un pied noir. C'est une double cause de déchet.

Four français, — Le four à sole circulaire ou four français opère la carbonisation de la houille de la même manière et présente les mêmes inconvénients que le précédent.

La sole a 3 à 4 mètres de diamètre. Les portes mesurent 0^,70 de largeur sur 0*",90 de hauteur. La hauteur sous clef de la voûte est, en moyenne, de 1™,50. Le poids du chargement est de 2 tonnes; il peut être aussi de 8 ou 10 tonnes, la durée de carbonisation variant de soixante-douze à cent vingt et cent quarante-quatre heures.

On a construit des fours de ce système en ménageant, sur tout le pourtour de la chambre de combustion, des ouvertures pour l'admission de Tair; on augmente ainsi le rendement en coke, mais le réglapre est beaucoup plus difficile.

En Pennsylvanie il existe des fours hémisphériques de ce genre qui ont 3 à 4 mètres de diamètre et qui cuisent 4 tonnes de houille en soixante-douze heures.

Four à ruche Eaton. — Les fours Eaton sont disposés en ruche circulaire de 13 à 15 mètres de diamètre avec une grande cheminée centrale. Chaque four forme un des secteurs de la ruche. Il y aura, par exemple, douze secteurs.

Chaque four est muni à l'avant d'une porte et à rarrière, du cdté de la cheminée, d'un carnau, par où s'échappent vers la cheminée les produits de la combustion. La sole a une forme semi-ciFCulaire ou semi-trapézoïdale {fit/, 165 et 166).

FOUBS A COKE

Dans un massif de douze fours, on met d'abord en feu quatre fours en y brûlant de la houille à feu nu pendant quatre ou six jours. On peut charger les quatre fours du second groupe, quand la carbonisation des premiers est au tiers de sa durée. On profite ainsi pour allumer le charbon dans ces fours de la chaleur transmise par les

FiG. 165 et 166. — Four à ruche Eatoû.

parois latérales, ces parois ayant une épaisseur très faible pour mieux transmettre les calories.

L'enfournement se fait à la partie supérieure, le défournement par la porte avec une pelle et un ringard.

Les fours ont été étudiés pour brûler 44 0/0 de charbon maigre

^Tri/nja4.

avec 44 0/0 de charbon bitumineux et 12 0/0 de poix. On obtient alors un rendement de 60 à 65 0/0.

Four Gihson, — Dans tous les fours précédents, le défournement se fait à la pelle, ce qui est une grosse perte de temps. Dans le four

rectangulaire Gibson, ce défournement est un peu plus rapide.

La sole légèrement évasée à l'entrée pour faciliter Tenlèvement du coke est surmontée d'une voûte en plein cintre. Au moment du déchargement, une traverse en fer, fixée à une barre ayant exactement la longueur de la sole, vient racler le combustible carbonisé et l'amène au dehors.

La sole a 3", 69 sur 2", 12. La hauteur sous clef de la voûte est de l^^So.

On charge 4.500 kilogrammes de charbon. La carbonisation se fait en quarante-huit heures. Avec le temps du chargement et la nécessité du refroidissement de la charge, la durée totale de l'opération atteint soixante-douze heures.

Tous les fours à ruche ou de boulanger qui viennent d'être décrits seront employés avec avantage quand le charbon gonfle facilement et quand il est de nature cokéfiante, et parfaitement sec. En revanche, la combustion d'une partie du carbone cause une grosse perte de combustible. En Amérique, avec du charbon de Connelsville à 59,62 0/0 de carbone, on retrouve dans le coke seulement 54,25 0/0 de carbone. Avec des charbons à 68,50 0/0, on n'a que 50,35 0/0 parfois. Aussi a-t-on tendance à abandonner partout ces appareils.

Four Appolt. — Ce four présente la particularité d'opérer la carbonisation en vase clos sans admission d'air. Autre particularité : il

Fio. 167 et 168. — Fours à coke Gibson.

est vertical, tandis que tous les autres fours qui vont être examinés ultérieurement sont horizontaux.

Chaque four est formé d'une chambre rectangulaire ayant 5'",23 de longueur, 3^,50 de largeur et A mètres de hauteur. Cette chambre est divisée par des cloisons de 0",i2 d'épaisseur en douze compartiments de forme pyramidale formant chacun un four. Il y a quelquefois dix-huit compartiments. Autour de chaque compartiment se

P^wmt

^CtV*Xiwf

Fio. 169. — Four à coke système Appolt.

trouvent des espaces libres qui, communiquant tous entre eux, forment une ceinture à tous les fours.

Chaque compartiment est muni de deux ouvertures. L'ouverture supérieure a ses pans verticaux disposés suivant la petite face du rectangle, tandis que sur l'autre face se trouvent des gradins qui servent au chargement de la houille. L'ouverture inférieure est munie d'une porte en fonte de 2 centimètres d'épaisseur, mobile autour d'une charnière de manière à faciliter le défournement (fig. 169). Ce défournement se fait d'une certaine hauteur, le massif des fours étant assez élevé pour permettre aux wagons de passer sous les portes de déchargement.

Dans chaque compartiment, à 0",42 au-dessus du fond, existent sur une hauteur de 0",15, des évents communiquant avec les espaces libres qui entourent le four. Les évents qui mesurent 0^fi2

478 GOMBUBTIBLBB INDU6TRIBLS

sur 0^,14 sont an nombre de neuf sur la grande faca et de trois sur

la petite face.

Un peu au-desB0U6 de rouverture supérieure de chargement, se trouvent, au nombre de trois seulement sur la grande face, d'autres évents analogues, serrant à Técoulement des matières goudronneuses.

Les gaz de la combustion s'échappent par des ouvraux placés les uns à la partie inférieure, les autres à la partie supérieure et formés d'un carré de 25 centimètres de côté. Ces ouvraux sont au nombre de douze. Les ouvraux supérieurs ne servent que lors de la mise en feu. Après avoir quitté le four, les gaz gagnent des carnaux verticaux, puis des carnaux horizontaux jusqu'à la cheminée commune du massif. Ils rencontrent dans ces carnaux de Tair au contact duquel ils s'enflamment.

La mise en feu d'un four s'opère de la manière suivante : on charge une certaine quantité de houille qu'on laisse brûler en maintenant le four ouvert. Quand les parois sont portées au rouge, on ferme la partie supérieure. L'opération de la mise en feu dure dix jours.

Après la mise en feu, on charge successivement 1.400 kilogrammes, dans chacun des fours et la carbonisation dure ving^qualre heures. On obtient un rendement de 72 0/0, ce rendement pouvant atteindre 80 0/0 éventuellement.

L'avantage du four est de présenter une surface de chauffe Considérable, soit 190 mètres carrés pour 17 tonnes. On peut ainsi carboniser la houille à l'état plus menu et obtenir un meilleur coke. On peut aussi traiter des qualités très maigres de charbon. Les manoefivres de défournement sont enfin plus rapides, et le four, étant donnée sa disposition verticale, nécessite un espace moindre et un encombrement moins grand.

Comme inconvénients ces fours présentent un prix d'établissement plus élevé, et une moins grande facilité pour les réparations. On ne peut pas traiter toutes les catégories de charbon comme dans certains fours belges. Des charbons trop collants ne se défournent pas. Enfin on ne peut pas toujours bien approprier les dimensions des cornues à la mesure des charbons qui est traitée. . On a fait quelques modifications de ces fours.

Palm a cherché à mieux utiliser la chaleur en établissant des cloisons horizontales qui forcent les gaz à serpenter et à rester plus longtemps en contact avec les parois du four.

Baaer a placé les portes de déchargement sur le devant da four et donné à la partie supérieure des fours une forme cintrée.

Son four peut marcher soit avec récupération des sous-produits, soit sans récupération, ou même moitié avec et moitié sans récupération dans rintervalle d'une opération de cuisson. Â cet effet, les ouvertures placées à la partie supérieure du four peuvent communiquer ou non avec une conduite collectrice de ces gaz qui les amène à des moteurs à gaz ou sous des chaudières à vapeur.

Dans les parois du four sont des carnauz verticaux disposés trois par trois, le carnau central amenant Pair et les autres contenant les gaz brûlés par Tair. Ces camaux communiquent avec des carnaux longitudinaux séparés en trois compartiments différents, ce qui permet aux gaz et à Tairde bien se mélanger et de dégager en brûlant une chaleur bien uniforme.

Les fours ont 9 à 12 mètres de longueur pour â'^,20 de hauteur et 4"',75 de largeur. Ils auraient un rendement élevé très voisin de celai du laboratoire, et permettent Tadmission de fortes charges^ 10 tonnes et même 12S500, si la houille est comprimée. Ce sont les fours les plus employés en Allemagne, concurremment avec les fours Otto.

Four belge. — Le principe du four belge est d'échauffer la charge par la transmission de la chaleur des parois. Celles-ci sont chauffées par la combution des gaz au contact de Tair pris à l'extérieur et préalablement chauffé lui-même. La carbonisation s'opère alors, comme nous Tavons dit, en allant de la surface externe de la charge vers le centre et, comme l'avancement est d'environ 0",20 par jour, on peut prévoir que la forme la plus avantageuse à donner au four sera celle dont la section présentera un rectangle de petite base par rapport à la hauteur. On est arrivé, grâce à l'emploi de ces fours, à brûler des charbons plus maigres que ceux introduits dans les fours de boulanger ou même dans les fours Appolt. Le prisme de coke est fortement serré contre les parois, la chaleur est mieux utilisée et la perte de charbon par combustion réduite au minimum.

Le travail se divise toujours en quatre parties, quel que soit le modèle de four adopté. La première période est celle de Tenfournement du charbon. En second lieu, le charbon est échauffé progressivement par les gaz des fours voisins et donne des fumées goudronneuses. Puis les gaz qui se dégagent deviennent de plus en plus clairs; on est dans la période de carbonisation. Enfin la dernière

FiG. 170. — Four à coke système Smet.

phase delà cokéification est celle dudéfournement du coke. Le temps employé pour ces diverses opérations variera avec les modèles de four considérés.

Les systèmes de l'ours imaginés ont été très nombreux. Dans les

premiers types, on chauffait la sole seulement. Aujourd'hui on chauffe toutes les parois du parallélipipède dont se compose le four. La manière dont circulent les gaz à travers ces parois varie aussi avec les divers brevets.

Parmi les brevets qui ont été pris tant en France qu'en Belgique, nous citerons les fours Smet^ Brunfaut^ Lambert et Dupret, Fromont, Gendebieny Dulail^ François-Rexroth,

De ces fours, les uns cuisent en 24 heures, les autres en 48 heures, la durée variant avec la largeur des fours et les fours larges convenant aux houilles grasses, les autres aux houilles maigres. Quant aux dimensions, elles sont de 6 à 9 mètres pour la longueur, cette longueur ne devant pas être exagérée pour ne pas opposer une trop grande résistance au défournement, et de 1",10 à 2 mètres pour la hauteur, une certaine hauteur permettant d'avoir un coke plus dense. La contenance varie depuis 1.000 et 1.500 kilogrammes jusqu'à 3 et

, . FiG. 171. — Four à coke système Fromont.

4 tonnes.

Le four Smet est représenté par la figure 170; dans la paroi, on a ménagé un intervalle qui se trouve divisé en deux carnaux o et p. Les gaz, en quittant la voûte du four, reviennent en avant dans le carnau 0, puis en arrière dans le carnau p pour passer sous la sole, où ils vont aussi d'avant en arrière avant d'aboutir à la cheminée.

A cause de cette disposition, on a longtemps appelé le foar Smet four à carnaux horizontaux, par opposition au four Coppée que nous allons décrire plus complètement, à cause de son emploi à peu près général aujourd'hui, et qui porte le nom de four à carnaux verticaux.

Le four Smet a trouvé de nombreux emplois à un moment donné. On en a surtout installé un grand nombre aux établissements du Creusot. Les dimensions sont 65 centimètres de largeur, i"*,20 de hauteur et 6 mètres de longueur.

Le four Froment est à deux soles superposées [fig, 171) , de telle sorte que les gaz de Tune aident à brûler les gaz qui s'échappent de l'autre. Ces gaz circulent d'ailleurs à travers les parois du four dans des carnaux hori* zontaux. Le four a 3 mètres de longueur, 0"*,90 de largeur pour les fours supérieurs et 1",10 pour les fours inférieurs.

Le four Gendebien est aussi à soles stfperposées; mais chaque four supérieur est à cheval sur les deux fours inférieurs qui le supportent.

Four Coppée. — Comme tout four belge, le type Coppée {fig, 172) se chauffe sous la sole et dans des carnaux latéraux par la combustion des gaz dégagés de la houille. Primitivement les carnaux étaient horizontaux, mais on y a renoncé.

11 est assez difficile, en effet, de construire de bons carnaux horizontaux. Leur solidité n'est jamais parfaite, à moins de les constituer d'une seule pièce, sous forme de cornue, et leur étanchéité est douteuse. Les carnaux verticaux sont plus simples à établir, plus faciles à mettre en feu ; ils tiennent aussi une place moins grande. Actuellement, donc, le four Coppée est à carnaux verticaux.

Le four servait surtout à Torigine pour la cuisson des houilles dites à coke, c'est-à-dire contenant 20 à 22 0/0 de matières volatiles. Aujourd'hui on peut y cokéQer diverses catégories de charbons, à condition de faire varier les dimensions linéaires. Si le combustible est plus maigre, on donnera moins de largeur et moins de longueur au four.

COMBUSTIBLES UtDUSTRIXLS. 33

FiG. 172. — Four à coke système Coppée.

Les dimensions varient de la manière suivante selon les catégories de charbons employés :

|.(Ki-i '..r 9»,00 à iO»»,Oa

l îir-.-m- 0"», V4 à 0«,55

Hauteur sous clef 1™,30

La darée de la carbonisation varie aussi avec les qualités de houille, comme le montre le tableau suivant :

Durée de la carbonisation

Section du prisme de charbon . . j K?utênr

Longueur de la sole

Hauteur sous clef

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