PRÉFACE
livre que le directeur du Conservatoire offre aujourd'hui au public, non seulement au public canadien, mais à celui de son pays natal.
Comédiens et Amateurs se divise en deux parties : il est didactique et anecdotique, sans que cependant la ligriè~d[é démarcation soit tranchée autrement que par la disposition des chapitres, car Vhistoriette appuie l enseignement et la leçon s explique par les souvenirs personnels.
2S auteur aime son art; loin de s'en excuser, il en prend bravement la défense, mais, en même temps, il en indique les dangers aux faibles et aux incapables, à ceux qu'éblouit sa splendeur, comme à ceux qui ny voient qu'un moyen facile de vivre. Les deux premiers chapitres, par leurs titres mêmes, indiquent une leçon, et je conseille à tous ceux qui ont envie d'embrasser la carrière de comédien de méditer longuement et profondément ceux qui suivront.
Du quatrième au seizième chapitre, ce sont des conseils sur la façon dont le comédien doit aborder son art; on se fera une idée de C exactitude minutieuse avec laquelle l'auteur traite son sujet en lisant la seule nomenclature des points auxquels il touche.
Ces treize chapitres sont treize leçons qui forment un cours complet, pourrait-on dire, puisque, une fois
qu'on les a lus, on sait tout ce qu il faut savoir pour être comédien.
Je ne dirai pas cependant qu'on y a tout appris pour devenir un bon comédien, parce que, sans le feu sacré, sans une prédisposition innée, sans avoir cultivé son intelligence, on ne sera jamais rien au théâtre qu'une réclame pour les marchands de sifflets.
La vie du comédien n'est pas qu'à la scène. Chez lui, chez les autres, dans la rue, l'acteur est un point de mire. Ce qui, chez d'autret, est faute vénielle est, chez lui, péché irrémissible. Plus que tous, il doit être irréprochable, pour n'être pas soupçonné.
Nous avons gardé, et nous en sommes fiers, un peu de cette rigueur janséniste qui motivait la lettre de la Mère Agnès de Sainte-Thècle, abbesse de Port-Royal, citée par M. Lassalle dans le Chapitre /V. Nous voulons bien être amusés, instruits par le comédien, mais gare à lui, si sa conduite privée n'est pas audessus de toute critique. Les conseils que prodigue l'auteur dans plusieurs passages et, en particulier, au chapitre XI méritent donc plus qu'une attention passagère.
Ceux qui, chez nous, veulent se livrer à la carrière de comédien, devront, s'ils veulent être salués ailleurs qu'à la scène, les observer à l'esprit et à la lettre. Il