‹ Comédiens et amateurs; le théatre et ses dessous. Préf. de Frédéric PelletierChapitre 23 sur 29 · COMÉDIENS SANS GITE · texte numérisé non relu

COMÉDIENS SANS GITE

neur. Peu après ils se dispersèrent à la recherche des logements qu'on leur avait indiqués. Une fois logés, chacun se livra au repos nécessaire à la représentation du lendemain, qui eut lieu au Club du commerce, dans un théâtre dont la scène était assez bien installée. Cette soirée réunit toute la société d'Askabad, qui accueillit la troupe française avec le plus grand enthousiasme. Nous jouions « Mlle Nitouche, )) qui a beaucoup plu aux nombreux spectateurs comprenant très bien la langue française. Un incident, cette fois agréable, marqua cette représentation: au second acte, quand le lieutenant Champlâtreux, offrant son bras à Mlle de Flavigny, qui hésite à le prendre, lui dit : (( Ne craignez rien, mademoiselle, vous êtes sous la garde de l'armée française ! » et que cette dernière lui répond, d'un ton convaincu: «J'ai confiance, alors ! ! » des applaudissements spontanés soulignèrent cette phrase un peu chauvine de l'opérette, et les deux artistes durent revenir, après leur sortie de scène, pour saluer le public dont les acclamations continuaient.

Le lendemain fut un jour de relâche que j'utilisai à terminer les préparatifs de notre départ pour Samarkande. Jusqu'à cette dernière ville, la

difficulté de trouver des logements devenant de plus en plus grande, il s'agissait de parer à cet inconvénient. Aidé de Rodzievitch, dont la complaisance pour moi ne s'est jamais démentie, je me rendis à la direction du chemin de fer, pour solliciter d'elle la faveur d'avoir un wagon dont le service serait spécialement affecté au transport et au logement de la troupe française.

Le surlendemain nous donnions «Le maître de forges )) comme dernière représentation, devant un public encore plus nombreux qu'à la première. Partant le lendemain à 4 heures du matin, nous passâmes toute la nuit à faire nos bagages et, au petit jour, nous prenions le chemin de la gare où nous retrouvions de nombreux amis qui avaient tenu, malgré l'heure matinale, à venir nous serrer la main.

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Huit jours logés dans un wagon

Après avoir pris nos billets, le chef de la station nous montra le wagon qui nous était destiné. C'était tout justement le même que nous avions pris à Ouzoun-Ada, le numéro io6, qui allait, cette fois, devenir notre maison pendant huit grands jours. En quelques minutes, ce wagon fut transformé en dortoir ambulant où 1 5 personnes trouvèrent place assez commodément. Dans un des coins on installa un fourneau portatif, et dans un autre, la cave indispensable à braver la chaleur qui commençait déjà à se faire sérieusement sentir. Pour la clarté de mon récit, je dois dire que la facilité de profiter d'un wagon personnel ne nous avait été accordée qu'à la condition que nous voyagerions dans le train de petite vitesse où il n'existe pas de wagon-restaurant; nos provisions de bouche n'étaient donc pas inutiles. Nous nous dirigeâmes sur Merv, où nous devions arriver vingt-quatre heures après, de bon matin, pour [171]

jouer le soir même, sans souci des deux nuits blanches passées, l'une à faire nos bagages, l'autre sur les banquettes du wagon auxquelles nous n'étions pas encore suffisamment habitués. Après avoir traversé la région de l'Atek, dont la Perse et la Russie se disputent encore le droit de territoire, vers deux heures de l'après-midi, le train s'arrête brusquement au milieu de la steppe, un wagon de marchandise a pris feu. Cet incident vient rompre, pour un moment, la monotonie de la route. Nous arrivons le lendemain à Merv avec trois heures de retard.

Une surprise assez désagréable m'attendait à mon arrivée. Les affiches envoyées depuis plus de dix jours avaient été égarées; si bien que le public ignorait complètement que la représentation dût avoir lieu le soir même. Que faire ? . . . il était environ dix heures du matin. Sans perdre une minute, je fais déballer des affiches et des programmes qu'avec l'aide de Rodziewitch nous arrangeons à l'usage de cette ville. Pendant trois heures, nous parcourons la ville entrant dans les maisons et les casernes, distribuant les programmes et vendant nous-mêmes les billets. Malgré ce contre-temps, la recette ne fut pas moindre qu'elle aurait été,

c'est-à-dire assez faible. Parmi une soixantaine de spectateurs, une dame seulement et un officier semblent comprendre la langue française. A part ces deux personnes, qui se fatiguent pendant toute la représentation à donner des explications aux autres, je doute fort que nous ayons amusé le reste de l'auditoire. Ayant vendu les places pour deux soirées, nous sommes dans la pénible nécessité de rejouer le lendemain devant ce public, peut-être très aimable, mais que nous ennuyons autant que nous nous amusons peu nous-mêmes. Pour comble de malheur, la maladresse ou l'ignorance d'un commissaire du club faillit compromettre cette dernière représentation. Ce trop zélé monsieur s'apercevant que la recette était moindre que la veille, et craignant sans doute pour sa caisse, crut de bon goût de me faire réclamer, par un simple valet et cela, avant le lever du rideau, l'importante somme de 8 roubles convenue pour la location du théâtre! Blessé de ce procédé peu courtois, et encouragé par les artistes qui ne souhaitaient pas mieux que de faire relâche, je fus sur le point de lui tirer ma révérence et de retourner dans notre wagon; mais je crus mieux faire en ne laissant pas supporter aux autres spectateurs le manque de

tact de ce mercanti et ma mauvaise humeur. Pendant les deux jours que je suis resté à Merv, je n'ai rien vu d'intéressant dans la ville nouvelle. Seul, le vieux Merv offre aux amateurs quelques curiosités antiques, qui ont déjà été signalées par des écrivains géographes plus autorisés que moi. De Merv à Tchardjoui, le train s'enfonce dans une vaste région sablonneuse où toute espèce de vie végétale ou animale a cessé d'être. C'est le désert de Kara-Koum, dont le nom, en langue turcomane, signifie « sables noirs ». Ce désert, qui commence près de Merv pour ne se terminer que vers les premières oasis arrosées par les eaux de l'Amou-Daria, offre l'aspect morne et triste d'une mer déchaînée dont les vagues, hautes de 8 à 9 mètres, auraient été soudainement immobilisées par la volonté d'un mauvais génie présidant aux Dévastations. Lors de la construction de la voie ferrée, il arriva qu'un convoi d'eau et de vivres fut arrêté dans sa route par une tempête de sables et ne put arriver à temps, au milieu de ces terrains brûlants, pour sauver de la mort des malheureux travailleurs qui succombèrent aux horribles tortures de la soif. Le voyageur, qui traverse aujourd'hui ces contrées, à l'époque de la chaleur la plus

torride, commodément installé dans un wagonrestaurant, ayant à sa disposition les boissons les meilleures et les plus rafraîchissantes, peut être fier de la victoire que l'humanité a remportée sur les forces de la nature.

Après douze heures de ce chemin qui vous plonge dans une profonde tristesse, nous entrons brusquement dans l'oasis de Tchardjoui, à la riante végétation; c'est un véritable changement à vue. Les yeux, fatigués d'une poussière brûlante et de cet horizon aux couleurs uniformes, se reposent tout à coup à l'aspect de ces verdoyantes prairies et se réjouissent à l'approche de la ville dont on aperçoit déjà les ravissants jardins. La brise, venant de l'Amou-Daria, nous apporte bientôt une douce et agréable fraîcheur qui nous permet de respirer plus à l'aise. La nouvelle gare de Tchardjoui nest pas encore achevée; cependant, la station actuelle, dans toute sa simplicité, présente un joli coup d'œil à l'arrivée de chaque train. On s'aperçoit que l'on pénètre plus avant dans l'Asie centrale. Les costumes des Sartes et des Boukariotes, aux couleurs bariolées, se montrent déjà dans toute leur originalité. On dit que la ville de Tchardjoui a beaucoup perdu depuis que le siège de l'adminis-

tration du chemin de fer a été transféré à Askabad ; je ne l'ai pas connue alors, je ne puis donc établir aucune comparaison avec ce qu'elle est aujourd'hui, mais je dois dire que le général Annenkoff y a laissé des marques très visibles de son séjour.

La scène où nous devons jouer a été préparée dans un cirque par les soldats du chemin de fer, obligeamment prêtés par le colonel qui gouverne la ville. Là comme ailleurs, il faut bien nous contenter des ressources qui sont mises à notre disposition. Un seul décor, sur lequel on a de la peine à distinguer une forêt, sert aux 4 actes de « Mlle Nitouche », mais le public n'y regarde pas de si près, et se montre satisfait. L'excellente musique du 3 e bataillon prête son concours à cette représentation, et, chose intéressante à signaler, avant le spectacle elle joue devant la porte du cirque pour attirer le public indigène très friand de la musique militaire. C'est la réclame du dernier moment.

Ce cirque, d'une assez vaste dimension, présente un coup d'œil assez agréable. Les dames occupent en grande partie, les loges du pourtour. Dans celle de face, se tient Hadjar-Kouli, Beg de Tcharjoui entouré de sa suite et accompagné d'un inter-

prête qui lui traduit la pièce au fur et à mesure que les scènes se déroulent. Il paraît s'intéresser beaucoup à ce spectacle, auquel il assiste assurément pour la première fois, et, à maintes reprises, il joint ses applaudissements à ceux des autres spectateurs. Dans la piste, sur laquelle on a placé des chaises, complaisamment prêtées par les habitants, se tiennent les officiers et les fonctionnaires de tout rang. Dans ce grand local, le piano seul fait triste figure, après les accords bruyants de la musique militaire. La représentation terminée, nous nous rendons au buffet de la gare, où un superbe banquet nous est offert sous la présidence du Beg, qui a tenu à nous remercier de la soirée qu'il a passée. C'est un jeune homme d'une trentaine d'années, d'une grande noblesse de traits mélangés de type arabe et de type persan. Derrière lui se tient humblement son interprète, qui transmet, en langue russe, les compliments dont il n'est certes pas avare. Il s'excuse de ce que, prévenu trop tard, il n'a pu revêtir un costume en rapport avec la circonstance. . . mais que je veuille bien lui faire le plaisir de me rendre chez lui le lendemain, il nous recevra dans son costume de cérémonie. On nous fait remarquer que c'est là

un très grand honneur qu'il compte bien faire. Il ne semble pas s'ennuyer dans la société des artistes français, car il ne prend congé de nous que vers les deux heures du matin. Après son départ, la musique militaire, qui n'avait cessé de jouer pendant tout le souper, attaque une valse, et les danses commencent pour ne s'arrêter qu'au jour. Ce fut une charmante nuit, toute de gaieté et de bon aloi. A une heure aussi matinale, il était trop tôt ou trop tard pour se coucher. Quelqu'un ayant eu la bonne idée de proposer le passage du fameux pont construit sur l'Amou-Daria, nous partîmes en draisienne. A cet endroit, le spectacle est vraiment magnifique, et donne une idée complète du génie humain. Ce pont qui mesure plus de deux kilomètres de longueur, entièrement construit en bois, sur ce fîeuve au courant rapide et dont le lit change à chaque moment, prouve ce qu'il a fallu d'énergie, de travail et de courage aux officiers et soldats russes qui ont accompli, en si peu de temps et au milieu de difficultés sans nombre, un travail qu'eux seuls pouvaient entreprendre. Les sept verstes qui séparent Tchardjoui de Farap sont reliées par le pont de l'Amou-Daria. Farap est la première station que l'on rencontre en se dirigeant

vers Boukhara. Là, nous allons rendre visite à {"ingénieur Lebrun, un vrai Français, qui nous reçoit dans sa famille avec la plus franche cordialité. Nous revenons quelques heures après à Tchardjoui, où une nouvelle fête nous est préparée. Au milieu de tous les plaisirs que l'on nous prodigue si gracieusement, je ne puis oublier celui qui a été en réalité le vrai constructeur de ce chemin de fer, et qui nous fournit l'occasion de recueillir, au centre de l'Asie, toutes ces marques si touchantes de sympathie. Plein d'un enthousiasme bien légitime, j'adressai au général Annenkoff, alors à Pétersbourg, le télégramme suivant : « Les artistes français, premiers venus en Transcaspienne, ont l'honneur de remercier Votre Excellence qui leur a fourni le moyen de représenter en Asie Centrale les oeuvres des auteurs et compositeurs français, et d'y recueillir les marques de la plus vive sympathie pour la France. Nous serons demain dans la ville de Tamerlan, qui, nous l'espérons, ne sera pas la dernière étape de votre grande mission civilisatrice. )) Le général Annenkoff me fit l'honneur de me répondre aussitôt : « Remercie chaleureusement vous et la troupe français.e, de votre aimable télégramme. Mes souhaits de bonne réussite

VOUS accompagnent. Vive la France et ses courageux artistes ! »

Après la charmante fête offerte si amicalement par le colonel Boulatoff, nous partons pour le palais du Beg Hadjar-Kouli, accompagné d'un officier qui parle couramment le français et la langue sarte. Arrivés au vieux Tchardjoui, nous traversons, en voiture, le bazar qui offre, à mon avis, la même curiosité que celui de Boukhara, et nous arrivons aux portes du palais, gardées par deux soldats Boukariotes, qui me font l'effet de deux figurants mal habillés; à notre approche, ils abaissent, en signe de salut, leurs deux sabres rouilles. Plusieurs serviteurs, prévenus de notre arrivée, nous introduisent dans cette demeure, où, pour pénétrer jusqu'au Beg, il nous faut passer par cinq ou six murs de ronde reliés entre eux par des sortes de labyrinthes aux portes étroites et basses. Après un quart d'heure d'une gymnastique très fatigante en cette saison caniculaire, nous pénétrons dans un très joli jardin au fond duquel s'élève une superbe terrasse toute recouverte de riches tapis de Merv et de Boukhara. C'est là qu'entouré de nombreux serviteurs, le Beg nous attendait dans son magnifique costume de gala. Si ce n'est une certaine

timidité que trahit fort peu son visage pâle et maladif, j'avoue qu'il a un aspect assez décoratif. A notre approche, il descend poliment les marches de la terrasse qui conduisent au jardin, serre la main au capitaine et à moi et s'incline respectueusement devant les autres membres de la troupe. Il nous invite alors à nous asseoir autour d'une table préparée à notre intention et sur laquelle se trouvent, en guise de hors-d'œuvre, des bonbons de toutes sortes et de toutes couleurs. Par politesse nous goûtons à ces sucreries que nous offrent les domestiques, avec une dignité toute orientale. Je m'aperçois que ces bonbons sont préparés à la graisse de mouton et que mon estomac ne me permettra pas d'en manger davantage. Le Beg nous fait demander si nous trouvons ces mets à notre goût; sur notre affirmation, toute de convenance, les serviteurs remplissent nos assiettes et nous voilà forcés d'avaler ces bonbons, par politesse pour le Beg, et pour la plus grande gloire du suif de mouton !

On nous servit ensuite, arrosés de thé, des fruits confits à la pommade, une soupe à l'eau et au riz, des pois chiches, du pilau aux carottes, une omelette sèche, des petites boulettes de viande hachée.

dans une sauce certainement ignorée de Vatel, et une demi-douzaine de plats, contenant une quantité de viandes froides coupées en morceaux minuscules. Bien que sur la terre ferme, j'avoue que nous commencions à ressentir les premières atteintes du mal de mer, lorsque notre hôte nous invita à visiter sa propriété, que j'ai trouvée, je l'avoue, plus à mon goût que son dîner. Quoi qu'il en soit, il fut charmant à sa manière, et j'aurais mauvaise grâce à me plaindre de sa réception. Après avoir pris congé de lui, nous rentrâmes à Tchardjoui, très satisfaits, du reste, de notre excursion.

Le soir, nous donnions notre dernière représentation, et nous partions le lendemain, emportant un excellent souvenir de cette petite ville habitée par un public peu nombreux, mais d'une obligeance et d'une amabilité parfaites. Nous passons, pendant la nuit, la station de Boukhara, où nous ne devons nous arrêter qu'au retour, et le 31 mars nous arrivons à Samarkande. Là, du moins, nous pourrons enfin trouver des hôtels qui nous reposeront de notre wagon-dortoir, où nous venions de passer huit jours, privés de la possibilité de nous déshabiller et par conséquent de jouir d'un repos complet.

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Comédiens français dans la ville de Tamerlan

De la gare de Samarkande à la ville, éloignée de trois bons quarts d'heure, la route est magnifique, bien entretenue et bordée de chaque côté d'arbres aux branchages verts et touffus. La ville ressemble à un immense parc dans lequel on a de la peine à distinguer les maisons très distantes les unes des autres. Au bout d'une esplanade plantée de peupliers, on aperçoit des monceaux de ruines de l'ancienne Samarkande, que dominent les grands dômes bleus des palais et quelques minarets que le temps a respectés. Le quartier européen est composé exclusivement de jardins, d'avenues d'arbres d'une régularité peut-être un peu trop parfaite, ce qui rend monotones les promenades que l'on peut faire. Le véritable endroit intéressant pour l'amateur de l'art arabe, est assurément la vieille ville. D'abord le tombeau de Tamerlan, qui repose dans la crypte d'une mosquée assez bien conservée. [183]

Une pierre de nuance verdâtre, que l'on dit être en néphryte, est placée sur le tombeau. Dans la direction de la Mecque, une haute et vieille hampe d'étendard, à laquelle pendent une queue de cheval et un lambeau d'étoffe verte, rappellent sans doute, la toute-puissance de Tamerlan. Autour de son tombeau reposent aussi les corps d'autres descendants, de plusieurs de ses femmes, et de son petit fils, Ouloug Beg. Dans le quartier de la Citadelle, où les Russes ont établi des bureaux administratifs et militaires, des mosquées ont été changées en hôpitaux; quelques-unes cependant sont restées à peu près ce qu'elles étaient. Les mieux conservées sont celles qui entourent la place du Bazar, dont le coup d'œil est vraiment féerique au moment du marché. Plus loin, en longeant des ruelles, sans cesse remplies d'une foule d'hommes aux costumes bigarrés, tous montés, deux et souvent trois, sur des chevaux ou des ânes, on arrive au palais habité naguère par Tamerlan. Au centre d'une cour de ce palais assez bien conservé, se trouve une grosse pierre de marbre grisâtre, haute d'un mètre et demi et longue de trois, que, d'après Elisée Reclus, Tamerlan aurait fait apporter de. Brousse et qui lui servait de trône. Cette pierre est le

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