‹ Comédies bourgeoisesChapitre 11 sur 77 · LES MÊMES, HENRIETTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, HENRIETTE

iiKNRiKTTE. — Madame?

MADVME BIUARD. — VoUS CliCZ (lOIlC Ù la pOPlC,

mademoiselle, pour êlre arrivée aussilol que la |>;irole?

HENRIETTE. — Noii, madame.

MADAME BiDARD. — Si fait; VOUS Irouvicz sans doute fort extraordinaire queje lisse faire quelque cliose sans vous en avoir donné avis, n'est-ce pas? Je fais faire mon portrait, vous voilà au courant; êles-vous contente, à présent?

iiESRiETTE. —Oui, madame.

MADAME BIDARD. — C'CSt fOrt llCUrCUX. A-t-OU

monté du vin pour le déjeuner de monsieur?

HENRIETTE. — Jc u'cn sals ricu.

MADAME BFDARD. — Vous u'cu savcz rien?Je n'en sais rien non plus. Vous y descendrez, à la cave, ou plutôt vous direz à Laurent quMl y descende avec un commis, et qu'il monte du vin jiour le déjeuner.

HENRIETTE. — Moi, madame?

MADAME BIDARD. — SailS (lOUlC, VOUS; VOUlCZ-

vous que ce soit moi ?

HENRIETTE. — Nop, madame.

LE PEINTRE ET LES BOURGEOIS. 81 MADAME BIDARD. — VoUS tCnCZ pOUl-ètrC à CC

(lue ce soit monsieur?

HENRIETTE. — MoilSieUI' IlOIl plUS.

MADAME BIDARD. — Eh Ijicn, qui donc, alors? HE?fRiETTE. — .le iic sais pas, madame... mais...

MADAME BIDARD. — MalSqUOi?

HENRIETTE, (laus SCS (leuts, Ic clos tourné à sa maîtresse. — Pour casser les Itouteilles, je les casserai aussi bien comme Laurent.

MADAME BIDARD. — Qu'CSt-CC qUC C'CSl CnCOrC

que ça! Vous voilà encore une fois en colère avec celui-là?

HENRIETTE. — NoH, madame.

MADAME BIDARD. — Ce ne Serait pas la première fois. Non, mais ce n'est pas assez d'être tourmentée comme je la suis depuis quelques jours par mon rliume de cerveau, il faut encore que vous y ajoutiez.

HENRIETTE, toujours entre ses dents. — Faut pas tant de malice pour casser des bouteilles.

MADAME BIDARD. — Majs qu'avcz-vous donc à rabâcher comme ça dans vos dents; qu'est-ce que vous dites?

HENRIETTE. — Je dis que, pour casser des bouteilles, je les casserai aussi bien comme Laurent.

MADAME BIDARD. — Cc n'cst pas ccla quc vous avez dildabord.

HENRIETTE. — Pardonnez-mol. madame.

MADAME BIDAIID. — Qu'aVCZ-VOUS (lit ilYaill ?

HENRIETTE. — Avanl? je n'ai n'en dit avant.

MADAME lîTDARD. — Tant mieux pour vous si vous dites la vérité. Au reste, il nie convient que mes bouteilles soient cassées, ou fussent cassées, pour parler français. Je veux un jour dans l'année être maîtresse chez moi. Ce n'est pas, je crois, par trop exiger.

HENRIETTE. — Madame est i)ien la maîtresse de faire ce qu'elle veut.

MADAME BiDARD. — Jc l'cspèrc bicu aussi; et, de plus, je n'entends pas, mademoiselle, que l'on piétine chez moi comme vous piétinez.

HENRIETTE. — Je uc piétine pas,

MADAME lîiuARD. — Vous plétluez. Teucz, j'cu- Icnds quelqu'un qui monte dans l'escalier, on va me tomber sur les épaules, et ça encore grâce à vous. Allez voir qui c'est.

HENRIETTE, (lUaUt Ù ICl pOliC clll fOUCl. — C'CSt

madame Legros.

MADAME EiDARo. — Quc Ic cIcl la bénlssc, cellelà! nous allons en avoir pour une éternité; moi ([ui ne voulais recevoir personne aujourd'hui!... Failes entrer.

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