‹ Comédies bourgeoisesChapitre 29 sur 77 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME R.\DOULARD, OLYMPE.

MADAME BADOtLARD. — C'CSt COmmC VOUS VOU-

drez, mademoiselle; mais de la vie vous n'épouserez M. Théodore.

OLYMPE. — Mais, maman...

MADAME BADoiLARD. — Quaud jc dls unc cliose, ça doit vous suffire, mademoiselle; c'est un jeune iiomme de rien, qu'on ne sait d'où qui sort, ni d'où

qu'il est, et que je ne suis pas curieuse que ma Ijlle épouse un intrus, un jeune homme sans prédécesseurs.

OLYMPE. — Prédécesseur, maman!... lui, M. Théodore, sans prédécesseur?

MADAME BADouLARD. — Oui , mademoiselle... le mot, d'abord, n'est pas de moi: c'est de madame Potain , qui veut votre bonheur et qui n'est pas d'avis de ce mariage-là.

OLYMPE. — Mais, maman, qu'est-ce que ça fait à madame Potain ? N'y a rien sur le compte de M. Théodore.

MADAME BADOULARD. — Il v 3 cncorc moins sur le compte de madame Potain, mademoiselle; c'est une personne qu'on est trop heureuse d'avoir dans une maison; car, enfin, faut être juste et de bon compte, qui est-ce qui est plus dans la maison que madame Potain, une femme, comme elle le dit ellemême, au-dessus de son état? qu'elle a été élevée dans une très-grande maison, chez les Montigny, et qu'elle a bien raison quand elle dit que c'est un jeune homme, votre M. Théodore, que ses parents, il ne les connaît pas lui-même. Si défunt votre père vivait encore, mademoiselle, croyez-vous qu'il serait flatté de vous voir dans des idées pareilles, le pauvre cher homme?

OLYMPE. — Mais, maman, M. Théodore, depuis

qu'il est dans la maison , qu'est-ce qu'on peut lui reprocher?

MADAME BADoiiLARD. — Comment! mademoiselle, qu'est-ce qu'on peut lui reprocher?... Comme dit madame Potain, un jeune homme qu'est toujours seul chez lui, qui rentre après sa journée, qui n'est jamais avec personne, et qui s'est mis à écrire depuis quelque temps tous les soirs, ça ne peut être enfin... qu'un... Vous êtes trop jeune pour que je vous le dise.

OLYMPE. — Maman!

MADAME BADouLARD. — Allous, mademoiselle, ne restez pas là comme ça devant moi, comme une momie, que je vous dis; ou nous verrons!... Allez voir chez votre maîtresse si j'y suis, et je saurai ce que vous y ferez...

Page 1