SCÈNE III
MAURICE, seul.
Content! Je suis content, sans doute! mais d'avance Il me faut avouer que je n^ai pas de chance!
Ouvrant son portefeuille et montrant une photographie. J'ai reçu ce matin ce billet... « Viens ce soir! » Tu dois te souvenir de moi, je veux te voir! » La signature était cette photographie.
— Oui, je la reconnais, la petite Sylvie, Avec ses yeux d'azur et ses cheveux roussis! Elle faisait des mots et des plus réussis! Ah ! qu'elle e'tait charmante et qu'elle était rieuse Au temps jadis! Ce temps de la bande joyeuse! Où les nuits se passaient en festins insensés. Où les punchs succédaient aux fromages glacés, Où le Champagne, ami des paroles légères Sans jamais s'épuiser ruisselait dans nos verres, Où l'on aimait peut-être, où l'on chantait toujours, Où les caprices fous passaient pour des amours! Et Sylvie au milieu de nous? Le joli diable! Et comme il savait bien renverser une table. Le démon! Et crier! — et chanter! et bondir! Puis, tout à coup, au bord d'un fauteuil s'endormir Comme un ange!... Halte- là ! redoutons ses manœuvres. Je connais trop Satan, ses pompes et ses œuvres! Et quand j'ai pris ma femme, ai-je pas renoncé Aux œuvres, aux plaisirs, aux splendeurs du passé? Je reste donc! d'ailleurs ma femme le désire! Pourtant, je l'avouerai, cette autre aussi m'attire
Nonpasque... non, Jamais!... Mais comme les auteurs J'irais... rien que pour faire une étude de mœurs! N^pensons plus ! , . . Ma femme ! — Ah ! vraiment c'est étrange | De songer au démon, quand on possède l'ange!