‹ Comédies de châteauChapitre 29 sur 72 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BERTHE, seule.

Il part! où va-t-il donc? — au cercle! Pourquoi faire? Oh! mon Dieu! jouerait-il? — Jouer? non! je l'espère! Onze heures! — Il est tard quand on reste chez soi ! On me Pavait dit, mais je n'y croyais pas, moi, Que ces charmants oiseaux au séduisant ramage Sans dire gare! un jour s'enfuyaient de leur cage. Ne m'aimerait-il plus? c'est que vraiment j'ai peur! Folle! — Un jenesaisquoi. pourtanttroublemoncœur. Il m'a grondée!... — Eh bien, il eut raison, peut-être ! Ce qu'il a dit est juste, il le faut reconnaître, Et je sacrifierai toujours avec plaisir Une fête à... Pourquoi tenait-il à sortir?

LE BEnCEAU 121

Serais- je donc jalouse!... Oh non!

Allant au berceau.

Ma chère vie.

Mon cœur qui saigne auprès de toi se réfugie... Dors! dors, petit enfant au visage vermeil, Que les songes d'azur enchantent ton sommeil ! Vois les jardins en fleurs et les oiseaux superbes! Entends les chants joyeux des grillons dans les herbes ! Et de l'arbre aux bonbons qui croît au paradis Détache les croquets et les sucres candis... Suis, dans les verts sentiers, abrités par les branches Les anges du Seigneur aux belles robes blanches; Pour attirer à toi les oiseaux empourprés Emiette ton gâteau sur les sables dorés, Dors, rêve, sois heureux! ô ma douce chimère. Repose en paix sous l'œil vigilant de ta mère... Ta mère! Ton amour, ton espoir, ton appui... ... On vient! cachons- nous là, si c'était déjà lui!

Elle se cache derrière le berceau.

Page 1