‹ Comédies de châteauChapitre 30 sur 72 · SCENE VI BERTHE, cachée, MAURICE · texte numérisé non relu

SCENE VI BERTHE, cachée, MAURICE

Il dépose son chapeau et son paletot.

Il pleut! Et puis d'ailleurs j'ai tort! car c'est stupide! Le cœur de l'une est plein, le cœur de l'autre est vide, Et je m'en vais vers l'autre! — Imbécile! crétin! Brute! Je ne sais pas m'insulter en latin! Est-ce la pluie? Ou bien est-ce ma conscience? Mais je suis retourné! car enfin, quand je pense

Que j'avais là ma femme et mon enfant là-bas, Mon thé que J'ai tout bu, car il n'en reste pas, Mon feu brillant, il brille encore et ce bien-être De se trouver chez soi, d'être aimé, d'être maître, D''être père, d'avoir cette félicité De l'amour qui s'allie à la paternité.

Et quitter tout cela et désoler sa femme Pourquoi?

A mi-voix.

Pour aller voir une petite dame!

Comment faire? Je veux guérir ce cœur blessé! Chère Berthe! — Pourtant je ne suis pas lassé!

Allant au berceau.

Tiens! sois mon avocat, ma fille, mon idole! Dis à ta mère, dis la phrase qui console. Dis-lui, — trait d'union de nos jeunes amours, — Que je l'aimais jadis, que je l'aime toujours! Tes baisers, chère enfant, auront tant d'éloquence Qu'il faut les lui donner, donner en abondance! Les miens pourraient encore abréger son souci, A;outes-y les miens!

II se penche sur le berceau et embrasse l'enfant.

BERTHE, se montrant, prend à deux mains la tête de Maurice et l'embrasse.

O Maurice! merci!

Rideau.

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