‹ Comédies de châteauChapitre 39 sur 72 · SCÈNE UNIQUE · texte numérisé non relu

SCÈNE UNIQUE

MADAME VEUVE DAUVAL, MADAME MARIE DAUVAL.

Au lever du rideau, madame Marie Dauval joue une valse sur le piano. — Madame veuve Dauval travaille à la table de droite. Après quelques mesures de piano, on entend au dehors une cloche qui carillonne avec fracas.

MARIE, se levant du piano avec colère.

Ah! maudite cloche! On ne s'entend pas! Quel besoin y a-t-il de carillonner ainsi une demi-heure avant chaque repas?

tlle descend la scène.

MADAME DAUVAL, de Sa place.

Le fait est que pour le déjeuner ou pour le dîner c'est toujours le même vacarme, qui est fort désagre'able. Ah! si l'on manque d'être exact aux repas, c'est qu'on le veut bien.

MARIE

C'est vrai, madame; il n'en est pas moins vrai qu'hier, jour de mon arrivée, n'ayant pas encore l'habitude de ces grands hôtels et n'ayant pas faim d'ailleurs, je n'ai pas fait attention à la cloche et ne suis descendue qu'au milieu du repas.

MADAME DAUVAL.

Vous venez faire une saison, madame?

MARIE

Oui, madame, c'est mon médecin qui m'a conseillé Royat. Moi, je ne voulais pas ; je ne sais pas si ces eaux ont une grande efficacité, et puis venir toute seule, sans mon mari, ce n'était pas bien tentant; mais le docteur a insisté, et mon mari doit faire tous ses efforts pour me rejoindre, alors cela m'a décidée.

MADAME DAUVAL.

Ah ! non ! ce n'est pas bien gai d'être seule ! (Soupirant.) Ah! j'en sais quelque chose!

MARIE

Vous êtes veuve, madame?

Ohloui, madame, et depuis longtemps, maisma solitude ne vient pas de là. En perdant mon mari, il me restait un fils. Cet enfant adoré me rappelait son père.

Je reportais sur lui toute l'affection que mon cœur gardait pour l'autre. Le père e'tait d'une faible santé^ je le soignais comme un enfant, il en avait la douceur du reste. Quand il mourut et que je me trouvai seule avec mon fils, je crus que c'était le père qui était redevenu petit et je soignai l'enfant comme j'avais soigné le père.

MARIE

Et vous l'avez perdu aussi?

MADAME DAUVAL.

Oh non! mais pis encore! — On me l'a volé.

MARIE

Volé.

MADAME DAUVAL.

Oui ! les enfants sont ingrats. On les aime trop ! Ah ! mais tenez, ne parlons pas de cela. Pourquoi vous attrister par le récit de mes peines, vous êtes jeune, heureuse, votre ciel vous semble pur, à quoi bon vous y faire voir des nuages?

MARIE

Oh ! madame, chacun a ses ennuis et quoique jeune, j'ai aussi les miens.

MADAME DAUVAL.

Vous n'avez pas d'enfants?

Non, madame, pas encore!

MADAME DAUVAL.

N'en ayez jamais I

MARIE

Pourtant...

MADAME DAUVAL.

NoHj n'en ayez jamais! Si vous saviez combien ce bonheur est douloureux! Petits, ils vous causent des alarmes continuelles; a chaque pas qu'ils font, on redoute une chute; on se penche, la nuit, sur leur berceau pour entendre leur souffle et l'on frémit chaque fois qu'il est inégal; -quand -l&af-visage egt pâie^'on frémit,, gnnnd.lpiirsjiuiias sont brôlaiïtes^-oii fiéinit, qtwnd ils ne mangent pas, on frémit; c'est une crainte perpétuelle, une inquiétude constante.^-LTura ii)«la4i€s sent teiTibles, ils ne se défendent pas, ils se bissent mourir sans lutte, sans se plaindre, comme des anges quIils^Qût. Quaiid-ilfr-ônt- triomphé tie4a"iTiïrfadie, la aature reprend ses droits avec une telle vigueur qu'il faut les surveiller avec soin de peur qu'ils ne retomb%sil. Gc sont des vêtements qu'il faut changer bien iàlQ, quand ils reviennent du jeu tout en nage ; des blessures qu'ils se font qu'il faut panser, malgré eux; il faut ménager leur ardeur au travail comme au pkisiriPuis ils grandissent, les études vous les ravissent, car/il faut qu'ils soient des hommes; alors ce sont leurs premières relations qu'il faut surveiller, ce sont les maladies morales qu'il faut prévenir!

MARIE

Mais enfin après cela, quand de cet enfant chétif vous avez fait un homme, un vrai, dont vous êtes fière à cause de son talent, à cause de sa beauté, n'étes-vous pas récompensée?

MADAME DAUVAL.

Après cela, madame^ quand vous, qui avez tout fait pour eux, vous leur demandez qu'ils fassent un peu pour vous, vous ne les trouvez plus; ils e'chappent à votre tutelle, ils reportent ailleurs Taffection que vous voudriez garder pour vous. Ah! certes^ je ne veux pas dire qu'ils ne vous aiment plus, mais ils ne vous aiment plus seule^ ils vous partagent et... si vous ne voulez pas être partagée... ils vous abandonnent.

MARIE

Peut-être aussi, madame, en demandez-vous trop.

MADAME DAUVAL.

Ah! l'on voit bien que vous n'avez pas d'enfant!

MARIE

Non ! c'est vrai.

MADAME DAUVAL.

Mais votre mère devait penser comme moi.

MARIE, tristement.

Ma mère, je ne l'ai pas connue.

MADAME DAUVAL.

Pauvre enfant ! — Toute l'affection de votre cœur s'est alors portée sur votre mari.

MARIE

Oui, madame, il est si bon! et je suis si heureuse avec lui.

Oh! je vous comprends! mais vous, vous ne pouvez pas me comprendre. Mon fils! mon pauvre enfant!

MARIti:.

Eh quoi, madame, est-ce qu'une femme...

MADAME DAUVAL.

Oui...

MARIE

Une maîtresse?...

MADAME DAUVAL.

Oh! non! mon fils me respecte trop pour cela.

MARIE

Alors il s'est marié malgré vous.

MADAME DAUVAL.

Oui.

MARIE

Et sa femme n'est pas digne peut-être...

MADAME DAUVAL.

Je ne la connais pas! Je n'ai pas voulu la connaître! Cette femme, puisque mon fils l'a choisie doit être digne de lui, mais elle me l'a pris, elle me l'a volé! Je lui disais, à mon cher enfant, attends, attends encore, je suis vieille, je suis jalouse, garde-moi ton cœur; plus tard, quand je ne serai plus, eh bien, si ma me'moire ne te suffit pas, tu te marieras; tu trouveras une compagne... Ah! il n'en manquera pas qui seront fières et heureuses de t^appartenir. Mais non, il a résisté... résisté à sa mère... il lui fallait celle-là!

MARIE, avec douceur.

Et pourquoi n'avez- vous pas voulu la voir?

MADAME DAUVAL.

Elle! jamais!... Mais c'est ma rivale, entendez -

vous

MARIE

Non, madame! Je crois que votre amour maternel vous abuse. Je crois que l'affection sauvage que vous portez à votre fils est mal mesurée, je crois que vous l'aimez, oui, mais vous ne savez pas l'aimer.

MADAME DAUVAL.

Moi! grand Dieu! ne pas savoir l'aimer...

MARIE

Non ! Tenez, madame, puisque vous avez bien voulu me faire une confidence, je vous en demanderai une autre. Aimiez-vous votre mari?

MADAME DAUVAL.

Sans doute!

Mais l'aimiez- vous comme vous aimiez votre fils ?

MADAME DAUVAL.

Je l'aimais beaucoup, je...

MARIE, s'interrompant.

Non! ce n'était pas la même chose et je suis sûre que vous l'aimiez bien mieux! A côté de la jalousie ne'cessaire qui fait partie de l'affection, qui est l'élément de l'amour, il y avait le dévouement et l'abnégation qui en sont les vertus. Il y avait le sacrifice! Oui, pour votre mari vous vous seriez sacrifiée...

MADAME DAUVAL.

Ohl certes, je l'ai fait!

MARIE

Vous avez dû pardonner ses défauts, excuser ses faiblesses, vous avez été docile à ses caprices; ses bonheurs ont été les vôtres, ses peines, vous les avez partagées et adoucies; pour lui, vous vous êtes privée avec joie, à lui vous vous êtes soumise. Vous l'aimiez, vous saviez l'aimer.

MADAME DAUVAL.

Cest vrai!

MARIE

Et il est mort en vous bénissant, en vous remerciant de tout le bonheur que vous lui avez donné.

MADAME DAUVAL.

Oui.

Et c'est alors que vous avez reporté sur votre fils ce besoin d'affection qui débordait en vous, au mari malade succéda l'enfant débile, mais là, vous n'avez pas eu la même mesure. En se transformant, votre amour est devenu égoïste, donnant plus que vous ne receviez, vous avez cru avoir droit à tout. Vous vous êtes trompée, vous vous trompez, madame, les mères sont faites pour élever leurs enfants et n'ont aucun droit à les garder.

MADAME DAUVAL.

Vous êtes bien jeune, madame, pour parler de ces choses.

Oui, madame, mais je suis orpheline, et, dans ma solitude, j'ai beaucoup réfléchi. Croyez-vous que ma mère, si elle avait vécu, m'eût, par amour pour moi, enlevé le droit d'être mère comme elle?

MADAME DAUVAL.

Je ne dis pas cela.

MARIE

Pourquoi donc prétendez-vous, par amour pour lui, ôter à votre fils, le droit d'en avoir un comme vous?

MADAME DAUVAL.

Oh 1 mais vous n'avez pas eu de mère, vous ne comprenez pas.

MARIE

Ce n'est pas répondre cela.

MADAME DAl VAL.

Mon Dieu, je ne puis pas discuter cela, je ne me crois pourtant pas injuste (un peu piquée.) et je trouve que pour une jeune femme, orpheline, vous plaidez fort bien les droits des enfants rebelles.

MARIE

Je connais peut-être cette question-là mieux que d'autres.

MADAME DAUVAL, étonnée.

Ah!

MARIE

Ah! madame, vous aviez peur tout à l'heure de mettre un nuage dans mon ciel... le nuage y est déjà. On entend un second carillon de cloche.

MADAME DAUVAL.

Ah ! cette cloche assourdissante.. .

MARIE

C'est rheure du repas?

MADAME DAUVAL.

Non' Dans dix minutes seulement. Ce n'est que le second coup... Vous disiez donc, madame, tout à l'heure?

MARIE

Moi! mais...

MADAME DAUVAL, insistant.

Oui, vous parliez de nuages...

Ah! c'est vrai! Et j'ai tort, car je suis parfaitement heureuse; ces nuages ne viennent que lorsque je vois un peu de tristesse sur le front de mon mari.

MADAME DAUVAL.

Votre mari a des chagrins?

MARIE

Oui, madame et je les partage. Ah! on ne le comprend pas. Ah! si l'on pouvait lire dans le cœur comme on lit sur le visage!... mais les romans seraient finis tout de suite,

MADAME DAUVAL.

Voyez-vous, mon enfant, — je puis bien vous donner ce nom, vous êtes si jeune, je pourrais être votre mère, — quand on se met en ménage, il manque toujours une foule de choses, et puis l'inexpérience vous

fait faire tant d'écoles, les maladresses d'une ménagère amènent quelquefois l'impatience des maris.

MARIE

Oh! ce n'est pas cela.

MADAME DAUVAL.

Et puis la vie est très chère, les places qu'on peut donner aux Jeunes gens ne sont pas bien fructueuses.

MARIE

Oh ! nous ne manquons de rien !

Je ne vois pas alors... Oh! mais pardon, madame, Je m'aperçois que, par sympathie, je suis devenue indiscrète.

MARIE

Non, madame non, vous m'inspirez au contraire toute confiance et puis, vous le dirai-Je, il me semble que J'ai besoin de m'épancher.

MADAME DAUVAL.

Parlez! oh! parlez, chère enfant.

MARIE

Voyez-vous, notre mariage ne s'est pas fait tout seul, il y a eu des luttes, des rcsistances... moi Je disais à mon mari: — Attendons! Quand on me connaîtra, on m'aimera peut-être; mais lui ne voulait rien entendre, il avait peur de me perdre, il savait bien pourtant que Je l'aimais, que Je n'avais Jamais aimé que lui, mais il lui semblait que tant qu'il n'y aurait pas eu de lien légal, je pouvais encore lui échapper et

puis il voulait me donner des preuves, comme si mon amour pour lui en avait besoin.

MADAME DAUVAL.

C'est bien naturel.

MARIE

C'est vrai! Mais c'est égalj j'aurais dû résister. Notre mariage se fit sans amis, sans parents; il ne fut pas triste pourtant, mais cette consécration de notre amour n'était pas solennelle. Ce qui manquait, c'était de voir les autres heureux de notre bonheur et nous n'avions que des indifférents autour de nous. Quand nous rentrâmes chez nous, personne ne nous attendait; la maison nous parut très grande, mais nous l'emplîmes d'amour.

MADAME DAUVAL.

Votre mari vous aime toujours?

MARIE

Ah! je crois bien, madame, il m'adore, mais moi je l'aime aussi, c'est pour cela que je suis affligée, quand je le vois parfois triste... soucieux! Nous ne nous expliquons jamais là-dessus, mais je sais bien pourquoi; je sais bien que j'en suis la cause indirecte et j'ai peur qu'un jour il n'arrive à regretter ce qu'il a fait.

MADAME DAUVAL.

Vous n'avez pas de -fortune?

MARIE

Au contraire, j'en ai plus que lui, ce n'est pas cela. Mais on ne voulait pas qu'il se mariât; d'après ce que vous me disiez tout à l'heure, madame, vous compre-

nez celâj et pourtant, vous voyez qu'on avait tort, puisqu'en l'empêchant de m'épouser on le rendait malheureux, comme on le rend malheureux également en l'ayant obligé à passer outre.

MADAME DAUVAL.

S'il aimait ses parents, il eût dû obéir,

MARIE

C'est vrai! mais que voulez-vous, il m'aimait aussi. Il était sûr des uns et pas de l'autre; et puis, madame, cela ne se discute pas, ce n'est pas la même chose. L'avenir vous attire! C'est la loi naturelle I

Ce qui est naturel aussi, c'est le respect de la famille, c'est l'obîissance aux volontés des parents, la soumission...

MARIE

Sans doute! C'est bien là notre faute... notre seule faute.

MADAME DAUVAL.

Mais avec les sentiments que vous me montrez, le mal n'est pas irrémédiable. Quand on vous connaîtra on vous aimera certainement. Vous inspirez la sympathie, je suis certaine que vous ferez bien vite la conquête de votre nouvelle famille.

MARIE

Puissiez-vojs dire vrai, madame, c'est mon plus grand désir, mais j'ai peur que ce ne soit bien long à venir. On ne veut pas me voir. On ne veut pas me connaître, on a des préventions contre moi, et pourtant si vous saviez comme j'ai des trésors d'sffection dans

le cœur pour ceux qui me repoussent. Songez que je n'ai jamais eu de mère^ j'en aurais une enfin qui m'apprendrait à l'aimer; je la soignerais comme une fille dévouée; au lieu d'un enfant^ elle en aurait deux.

MADAME DAUVAL.

Chère enfant! mais dites-lui cela, dites-le lui!

MARIE

Impossible, madame! Ah! si je pouvais lui parler je serais tellement éloquente qu'il faudrait bien...

UN DOMESTIQUE entre avec une lettre sur un plateau.

MADAME DAUVAL et MARIE, en même temps.

Donnez!

Le domestique pose la lettre sur la table et se retire. — Les deux femmes se regardent.

MADAME DAUVAL, se reculant. — Le«tement.

Vous êtes madame Dauval?...

MARIE, très émue.

Et vous... vous, madame, vous êtes... alors vous êtes...

MADAME DAUVAL.

La mère de Georges... oui, madame !

Elle va pour sortir.

MARIE

Georges!... Sa mère... ma m... (Mouvement de madame Dauval.) Non! oh! non! madame, ne partez pas! ne me quittez pas ainsi! Non, par grâce, par pitié, écoutezmoi! Vous m'avez vue, vous me connaissez maintenant... Vous savez qui je suis! Vous voyez bien que je ne suis pas méchante! Vous! c'est vous! oh! c'est

paavid£fltretTYgyez---vottr,-cela JevaTrêrre-ttinsi ? i€ ne vous l'ai pas dit, mais tous les jours je demandais "â Dieu de vous voir, de vous connaître; madame, vous m'entendez, n'est-ce pas? Vous me comprenez, vous p3£dûu»ez! phl songez donc, tout serait fini, plus de peines, rien que du bonheur! Georges serait si heureux, il aurait retrouvé sa mère. N«ttsrTe»iepiô«s-&nsemble,- totiT trors, bien- tmis7"rTons ainraTrt-bteTrpne nûus quittant plus jamais, jairtais! Si vous saviez comme je serais bonne fille, je vous écoulerais, je serais docile, dévouée, aimante; vous m'aimeriez si vous vouliez, je n'en demanderais pas trop. Mais lui, Georges, je vous laisserai l'aimer, vous l'aimerez comme vous voudrez, je n'en serai pas jalouse! Tenez, si vous voulez je me retiendrai, je ferai semblant de l'aimer moins pour qu'il vous aime plus! oh! madame... maman.

MADAME DAUVAL, froidement.

Madame !

MARIE

Pardon ! Vous ne re'pondez pas! Ah ! si Georges était là il se joindrait à moi, il saurait vous convaincre, lui ! Tenez, je le lui ai dit, moi ; je ne voulais pas qu'il résistât à sa mère. J'aurais attendu! Mais vous savez, je vous l'ai dit, il était impatient, il faut lui pardonner. Il faut lui pardonner et l'aimer, il vous aime tant!

MADAME DAUVAL.

Lui! Il né m'aime plus!

MARIE

Oh! vous le calomniez! Il vous aime et vous le dé-

solez! Son seul chagrin, c'est votre rigueur. — Tenez, en voulez-vous une preuve? Cette lettre, cette lettre, c'est de lui, je ne l'ai pas lue, je ne sais pas ce qu'elle contient... lisez-la, je suis sûre qu'il parle de vous. Elle prend la lettre et la donne à madame Dauval .

MADAME DAUVAL, prenant la lettre machinalement.

Madame Marie Dauval... c'est pour vous.

MARIE

Lisez! lisez, madame.

MADAME DAUVAL, décachetant la lettre et lisant.

a Ma chère Marie, avant d'avoir de tes nouvelles, je veux te donner des miennes. — Hier, profitant de ton absence, je suis allé chez nia mère, j'espérais la fléchir, mais elle était partie depuis plusieurs jours pour Royat, — entends-tu, — pour Royat où tu es! — Tu vas la voir, tu ne la connais pas, mais ton cœur te Pindiquera. La femme qui te semblera la plus douce, la meilleure, la plus digne, c'est elle. Tu l'aborderas, tu lui parleras, tu la convaincras, j'en suis sûr, et elle pardonnera. Du reste, je ne puis plus y résister, je pars ce soir et te rejoins... »

MARIE

Il va venir! — Oh! madame, il va venir! Georges, votre fils, va être là, tout à l'heure. Vous le recevrez bien, n'est-ce pas, vous lui tendrez vos bras, vous lui ouvrirez votre cœur, vous lui pardonnerez! (s'agenouillant.) A genoux, c'est à genoux, madame, que je vous le demande.

Troisième carillonnage de la cloche.

MADAME DAUVAL, très émue, relevant Marie-

Allons ! venez déjeuner, ma fille î

Marie se jette dans les bras de madame Dauval.

Rideau.

LE MENDIANT DIVIN

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