SCÈNE X
SCAPIN
Hé bien ! vous voyez combien de personnes tuées pour ileux cent pistoles. Or sus, je vous souhaite une bonne l'uiinivc !
ARGANTE tout tremblant.
Séapîn !
SCAPIN
F!ait-il ?
ARGANTE
Jr me résous à donner les deux cents pistoles.
SCAPIN
J'en suis ravi pour l'amour de vous.
ARGANTE
Allons le trouver, je les ai sur moi.
SCAPIN
Vous n'avez qu'à mêles donner. 11 ne faut pas, pour voire honneur, que vous paraissiez là, après avoir passé ici pour autre que ce que vous êtes ; et, de plus, je crain-drais qu'en vous faisant connaître il n'allât s'aviser de demander davantage.
Oui ; mais j'aurais élé bien aise de voir comme je donne mon argent.
SCAPIN
Est-ce (pie vous vous défiez de moi ?
ARGANTE
Non pas ; mais...
SCAPIN
Parbleu, monsieur, je suis un fourbe, ou je suis un honnête homme : c'est l'un des deux. Est-ce que je vou-drais vous tromper, et que, dans tout ceci, j'ai d'autre intérêt que le vôtre et celui de mon maître, à qui vous voulez vous allier "<' Si je vous suis suspect, je ne me mêle plus de rien, et vous n'avez qu'à chercher, descelle heure, qui raccommoi era vos affaires.
ARGANTE
Tiens donc.
SCAPIN
Non, monsieur, ne me confiez point votre argent. Je serai bien aise que vous vous serviez de quelque autre.
ARGANTE
Mon Dieu ! tiens.
SCAPIN
Non, vous dis je ; ne vous fiez point à mo'. Que sail-on si je ne veux point vous attrapper votre argent? 1SG MOLIERE.
Tiens, te dis-je ; ne me fais point contester davan-tage. Mais songe bien à prendre tes sûretés avec lui.
SCAPIN
Laissez-moi faire; il n'a pas affaire à un sol.
ARGANTE
Je vais l'attendre chez moi.
SCAPIN
Je ne manquerai pas d'y aller, (seul.) El d'un. Je n'ai qu'à chercher l'autre. Ah ! ma foi, le voici. Il sem-ble que le ciel, l'un après l'autre, les amène dans mes Cl.'tS.