SCÈNE VI
Les mêmes.
MARIETTE apporte une aigrette de plumes avec un
diamant.
MARIETTE
Voici un bijou qui appartient à madame la
princesse. Un des hommes de l'escorte l'a trouvé dans la voiture.
MÉRYEM.
A moi? [Elle tressaille.) Ce bijou... en effet, il m'appartient. {Avec joie.) Ah! oui, il m'appartient... et j'y attache un prix tel que vous ne pouvez vous l'imaginer!...
MADAME VÉRA
Vous y teniez beaucoup? Je suis bien aise qu'on l'ait retrouvé. Qu'est-ce que c'est?
MÉRYEM.
C'est l'aigrette que nos jeunes princes portent à leur bonnet.
MADAME VÉRA
C'est un souvenir?
MÉRYEM.
Oui — et une espérance.
MADA.ME VÉRA.
Les femmes portent aussi ces choses-là?
MÉRYEM.
Quelquefois. {Elle attache V aigrette et s'approche de la fenêtre. A part.) C'est lui qui me l'envoie, il m'a suivie, il est là, sans doute. Ah! {Elle se retire précipitamment.)
MADAME VÉRA
Qu'avez-vous?
MÉRYEM.
Rien... le vertige, — ce ravin escarpé...
MADAME VÉRA
Mariette, ferme la fenêtre. {Mariette reste à la fenêtre et regarde au dehors.) mp:ryem.
Oh I non, je vous en prie... j'ai besoin d'air.
MAD.UIE VÉRA.
Désirez-vous quelque chose, des rafraîchissements?...
Non, madame, je vous remercie... Veuillez excuser la liberté de mes paroles, mais la seule chose dont j'aie besoin, c'est un peu de repos et de solitude.
MADAME VÉRA
Comme il vous plaira; nous aurons le temps de nous revoir. Je vous laisse ma femme de chambrCj qui est à vos ordres.