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SCÈNE IV

LE COMTE, LA MARQtlSE.

LA MARQUISE

Qu'a donc voire femme, cher comte? Elle est d'(ine gaieté folle ce soir.

LE COMTE

C'est vrai ; je ne l'ai jamais vue ainsi.

LA MARQUISE

Mais c'est un tourbillon... elle est insaisissable... Et avez-vous remarqué comme elle est en coquetterie avec Antonelli ?

Ab ! je n'y ai pas fait attention.

LA MARQUISE

OÙ aviez-vous donc les yeux?

LE COMTE, avec une galanterie affectée.

De ce côté, marquise.

LA MARQUISE

Croyez-vous?... Tenez, vous venez de regarder par-dessus mon épaule.

LE COMTE

Pardon ; il me semblait avoir vu passer... M. de Kirwan.

LA MARQUISE

A quel propos M. de Kirwan ? Vous savez bien qu'il est avec la comtesse.

LE COMTE

Sans doute ; mais n'est-il pas son messager? Et je pouvais croire qu'il venait de sa part...

LA MARQUISE

Vous dire qu'elle soupirait après vous?... C'est là un peu de présomption, convenez-en... Je ne voudrais pas vous enlever cette illusion, mais, mon cher comte, Marie ne pense pas à vous pour le moment ; elle est tout à sa première heure de liberté... On l'entoure... on l'admire... on lui dit ces mille riens charmants, qui naissent comme des fleurs sous les pas d'une jolie femme... et quand on fait cette cueillette-là, on n'a guère le temps de songer à son mari.

Il est donc bien facile d'oublier?

LA MARQUISE

Croyez-vous que ce soit impossible?

LE COMTE

Comment ne pas le désirer au moins, quand on est auprès de vous?

LA MARQUISE

Ah ! vous en arrivez donc à pressentir qu'il peut

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