SCÈNE VIL
FRONTIN
Votre nièce, ma chère tante Jacob.
]N*appréhendez-vous point que mon frère et mon évaporée de belle-sœur ne se mettent en travers de votre désir?
FRONTlN.
Je voudrais bien voir qu'ils me résistassent... des gens qui se soucient de leur famille comme moi de mon dernier justaucorps.,.
Hélas !
FRONTIN
Des pleutres qui font mépris de vous...
m""" JACOB.
Ce n'est que trop vrai.
FRONTIN
Des ingrats qui n'ont jamais voulu entrer en commerce d'amitié avec votre maison...
M™' JACOB
Je ne vous en dédis point.
FRONTIN
Des ladres qui ne vous donneraient pas une obole pour entretenir honnêtement monsieur Jacob et les pauvres petits Jacob.
m""* JACOB.
Ah ! ah !
Quant à moi, ma digne madame Jacob, je vous ie dis franc et net : je tiens à être des vôtres.
M™^ JACOB
C'est trop d'honneur.
FRONTIN
Et pour preuve de mon attachement, je vous fais dès ce jour cinquante pistoles de pension sur ma cassette particulière.
M™' JACOB
Vous me comblez.
FRONTIN
Veuillez l'accepter, de grâce. Je fais mon affaire de monsieur et de madame Turcaret. Puis-je compter sur vous pour disposer en ma faveur la belle Angélique et m'ouvrir sa tendresse?
Jour de ma vie, j'y perdrai plutôt mon nom, monsieur Frontin.
FRONTlN.
Madame Jacob., il n'y a plus de Frontin : c'est monsieur de la Fronlinière qui vous prie de recevoir cet à-compte sur votre rente et sur son amitié. (Il lui donne une bourse.)