SCÈNE VI. 13CK
vieux miroir?... Ne me mentez pas... Est-ce une jolie meunière ou une belle danie?... Une meunière comme moi, n'est-ce pas?... Croyez-vous maintenant que vous ayez rien à craindre de M. Roger et de ses souvenirs de Bade ?
HÉLÈNE
Le fait est que j'ai de la peine à me reconnaître moi-même... xMais, ma pauvre Charlotte, dame ou meunière, j'ai toujours à prévoir et à éviter le même danger.
CHARLOTTE
Pas du tout, madame. Si vous étiez, par exemple, M""' Johann, gros comme le bras?...
Hein?
HÉLÈNE
Je ne vous comprends pas.
CHARLOTTE
Si, en un mot, vous consentiez à passer pour la femme de Johann lorsque M. Roger serait là, il n'oserait pas sans doute...
JOHANN
Je voudrais bien voir !
HÉLÈNE
Assurément... mais maître Johann? Que penset-il de votre idée et de ce dernier tour donné à mon déguisement? N'y voit-il aucun obstacle, et lui conviendrait-il d'accepter ma main, ne fût-ce qu'en manière de plaisanterie?
JOHANN
Du moment que Charlotte m'y autorise,., je n'ai rien à y redire, madame.
CHALOTTE, se r avisant.
Ah ! à une condition, cependant...
HÉLÈNE
Laquelle?
CHARLOTTE
C'est que dès que M. Roger tournera les talons, je reprendrai tous mes droits.
HÉLÈNE, souriant.
Bien entendu. (Roger parait à la porte de gauche. Jl est habillé comme un riche paysan de la forêt Noire,)
CHARLOTTE, à Hélène.
Attention, voici l'ennemi! ,^^ /o/iann.y JN'allez pas vous tromper au moins, Johann. (Montrant Hélène. J Voici votre femme, (lui faisant une révérence) et voici votre belle-sœur.
JOHANN
Compris, compris. (A part.) C'est égal, c'est une bonne idée que Charlotte a eue là tout de même; décidément, elle aura sa coiffe à la St-Charles î