‹ Comédies du 17è siècle. Avec une introd., des notices et des notesChapitre 180 sur 208 · SCÈNE V ISMÈNE, LAURETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE V ISMÈNE, LAURETTE

LAURETTE

Madame, il est sorti; cessez de vous contraindre, Rendez grâces au ciel; tout va bien; tout nous rit*

I8MÈNE

Me voilà donc, enfin, veuve sans contredit.

LAUHETTE.

On n'en peut plus douter, à moins d'être incrédule.

ISMÈNE

Acante pourrait donc m'épouser sans scrupule ?

LAURETTE

G*est sans difficulté : si c'est peu d*un témoin Nous en aurons encore un second au besoin; Les dons faits à propos produisent des miracles.

Nous oublions peut-être un des plus grands obstacles.

LAURETTE

Quel?

ISMÉNE.

Le père d' Acante.

LAURETTE

Hé ! qu'appréhendons-nous ?

Le bonhomme vous aime, et tout lui plaît de vous.

ISMÈNE

Peut-être il m'aime trop, c'est ce que j'appréhende : J'ai peur qu'à m'épouser lui-même il ne prétende.

LAURETTE

Ce dessein nous pourrait, snns doute, embarrasser : Mais pourrait-il bien être en état d'y penser, A son âge ?

ISMÈNE

Il n'importe, et je crains qu'il n'y pense.

LAURETTE

Qui? lui vous épouser î ce serait conscience. Vieux, usé comma il est, et déjà demi-mort, Pourrait-il bien vouloir vous faire un si grand tort? Après d'un vieux mari la longue et triste épreuve, Puisqu'en très bonne forme, enfin, vous voilà veuve, C'est bien le moins, vraiment, que vous puissiez pour Que d'oser faire aussi le choix d'un jeune époux, [vous, Et de connaître un peu, par votre expérience, Du jeune et du veillard quelle est la différence.

ISMÊNE.

Ce n'est pas pour cela, Laurette.

LAURETTE

Mon Dieu I non.

Mais voici le bonhomme ; il faut changer de ton.

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