‹ Comédies du XVIIe siècle ...: avec une introductionChapitre 195 sur 207 · ISABELLE, ACANTE, LAURETTE · texte numérisé non relu

ISABELLE, ACANTE, LAURETTE

CHAMPAGNE

LAURETTE, à Isabelle.

C'est monsieur, qui m'arrête en ces lieux.

ACANTE, à Champagne.

Elle est tout interdite.

ISABELLE, à Laurette.

Il paraît furieux.

LAURETTE, à Isabelle.

Tandis que j'aurai soin d'amuser sa colère, Vous ferez bien d'aller avertir votre mère.

ACANTE, à Isabelle.

Quoi ! sans rien dire, ainsi passer en m'évitant ?

LAURETTE

Elle a hâte, monsieur, et madame l'attend.

ISABELLE

Il vous importe peu qu'ainsi je me retire :

Nous n'avons, que je crois, monsieur, rien à nous dire;

Vous ne me cherchez pas.

ACANTE

Je serais mal reçu :

Je cherche mon cousin; ne l'auriez -vous point vu?

LAURETTB.

Non, monsieur. Souffrez-vous qu'ainsi l'on vous amuse?

ACANTE

Hé :pioi ! vous paraissez et surprise et confuse? D'où naît cette rougeur?

ISABELLE

C'est d'un juste courroux.

ACANTE

Enfin donc, mon cousin n'est pas venu chez vous ?

ISABELLE

Il y pouvait venir, s'il vous eût plu permettre Quejusqu'entre ses mains on eût porté ma lettre : Mais l'ayant déchirée, il n'en a rien appris.

C'était pour mon cousin?

ISABELLE

Vous en semblez surpris ; Laurette n'a pas dû vous en faire un mystère.

LAURETTE

Mon Dieu! vous vous ferez crier par votre mère; D'un éclaircissement vous vous passerez bien.

ISABELLE

C'est un soin, en effet, qui n'est plus bon à rien.

ACANTE, arrêtant Isabelle.

Auprès de votre mère, au moins, sans trop d'audace, Pourrais-je encor de vous espérer une grâce?

Votre mère étant veuve avec tant de beautés, On va venir briguer son choix de tous côtés; Votre suffrage y peut être considérable, Et j'ose vous prier qu'il me soit favorable.

Nul ne peut, mieux que vous, parler en ma faveur : Vous avez fait l'essai vous-même de mon cœur; Vous savez comme il aime, il fut sous votre empire; Vous savez...

ISABELLE

Oui, monsieur; je sais ce qu'il faut dire.

COMÉDIES DU XVII e SIÈCLE 415

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