SCÈNE VI
VERDBOIS, MADAME VERDDOIS.
VERDBOIS.
Parlez.
MADAME VERDBOIS.
Dans vos bureaux vous avez un jeune homme Dont vous foites grand cas, me dit-on.
VERDBOIS.
On le nomme?.
MADAME VERDBOIS.
on nom est Paul Gersant.
VERDBOIS.
Paul Gersant... En effet ; C'est un garçon très-sûr et d'un zèle parfait. Vous VOUS intéressez peut-être à sa famille ?
MADAME VERDBOIS.
Lui voulez-vous donner la main de votre fdle?
VERDBOIS.
Qu'enlends-je?... Cela n'est point dit sérieusement ; Mais le duc de Rélliel a mon engagement.
MADAME VERDBOIS.
Il ne lui reste plus qu'à décider Camille.
VERDBOIS.
C'est l'unique héritier d'une noble tamille.
MADAME VERDBOIS.
Héritier, il se peut, mais d'un bien fort douteux.
VERDBOIS.
Le nôtre suffira largement pour les deux.
Ce Monsieur Paul!... Maisc'est vraiment de la démence.
Qui de ce beau projet vous a fait confidence ?...
MADAME VERDBOIS.
Le hasard. Je voyais Camille l'air distrait, Soucieux. Le hasard me livra son secret. Un jour que Monsieur Paul fut sur notre passage Une rougeur subite empourpra son visage; Elle me fit alors l'aveu de ce penchant ; Il est sincère, et point un caprice d'enfant. J'essayai de plaider pour une autre alliance, Mais je fus écoutée avec impatience.
VERDBOIS.
Je ramènerai bien ma fille à la raison.
Monsieur Paul sur-le-champ va quitter la maison.
MADAME VERDBOIS.
Point d'éclat. Faites-lui très-nettement entendre Que vous ne voulez pas l'accepter comme gendre. A notre fille aussi je dirai sans détour Qu'elle doit de son cœur éloigner cet amour. Certe, je n'aime pas ces fils de haut lignage, Du saint nœud de l'hymen faisant un badinage, Et, pour remettre ii neuf leur blason dédoré. Prenant les millions d'un bourgeois honoré ; De dire « mon beau fils le Duc ou le Vicomte, » Du sort de son enfant sans tenir aucun compte; Mais je ne prétends pas méconnaître vos droits. Ni, contre votre goût, qu'on vous impose un choix. Je ferai mon devoir.