‹ Comédies en prose et en versChapitre 44 sur 67 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

VERDBOIS, BENOIT, puis MAXIME.

[Benoit entre, tenant un journal ouvert.)

VERDBOIS.

C'est toi, mon cher ami, comme te voilà noir.

BENOIT

Ce n'est point sans sujet; lis le journal du soir: « L'affaire d'Orient entre dans une phase » Pleine d'obscurité... »

VERDBOIS.

Je connais cette phrase ; Elle sert tous les ans au moins sept h huit fois. Lorsque, h court de sujets, la presse est aux abois. L'affaire d'Orient, c'est l'en-cas du ménage.

BENOIT, poursuivant.

« De Londres vient un bruit précurseur de l'orage. »

VERDBOIS (montrant Maxime qui entre.)

Maxime nous dira ce qu'il en faut penser.

MAXIME

La spéculation cherche à faire baisser.

Londres, Vienne et Berlin ont des cours détestables ;

On bâtit là-dessus je ne sais quelles fables.

Nous ne nous laissons pas ébranler par le choc.

Et résistons à tout. Nous tenons comme un roc.

La Banque Universelle, un moment entraînée,

A fini, cependant, par être relevée ;

Mais il a bien fallu, pour ranimer les cours,

Faire de gros achats ; l'on rachète toujours.

BENOIT, à Verdbois.

Diable, tu ne crains rien?...

VERDBOIS.

Quoi donc? Mais c'est la lutte, Lutte de chaque jour...

BENOIT

Et quand vient la culbute?..

MAXIME

Ce sont les impuissants qui se laissent tomber, Et nous sommes des forts.

VERDBOIS, prenant le bras de Benoit,

Mon cher, allons dîner.

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