ACTE I, SCÈNE X
Vous n'en rougissez pas?
DUROSOIK.
Mou cher, vous êtes vieux.
ROBERT DU nil A M.
Vieux tant que vous voudrez... Mais si voire jeunesse S'achète à ce prix-là, j'aime mieux ma vieillesse. D'ailleurs, je ne suis pas bien loin de vous, je crois? Vous avez?
DUnOSOIR, à demi- voix.
Soixante ans.
HOBEUT DIRHAM.
J'en ai cinquante -trois.
Si mes cheveux sont blancs, je n'y vois pas d'outrage; Je les dois au travail, bien plus encor qu'à l'âge. Je ne suis, ni ne fus, un Caton, tant s'en faut; Mais j'aime et fais le bien, et je le dis tout haut; Malgré vos préjugés que mon bon sens réprouve, J'honore la vertu partout où je la trouve.
DUR O SOI 11
Et vous ne la trouvez nulle pari ?
ROBERT DIRHAM.
Si parbleu !
tU DN JEUNE HOMM E.
J'ai voyagé beaucoup, et m'y connais un peu;
Comme vous, j'en conviens, j'ai vu souvent le vice
Faire la probité dupe à sun bénéfice;
Mais plus souvent encor j'ai vu la probité
Prévaloir justement sur le vice écarté;
Moi-même, qui vous parle, et qui n'en fais pus gloire,
Je pourrais vous donner pour preuve mon histoire;
Dans de fort mauvais pas je me suis rencontré,
Et de tous, je me suis loyalement tiré;
Si pourtant je voyais un tourbe user d'adresse,
Je m'armais contre lui de sa propre finesse;
C'était de bonne guerre et j'en avais le droit ;
Franc avec la franchise, avec l'adresse adroit,
Voilà ce qu'il faut être, et je le fus; en. somme,
Souvent comédien, mais toujours honnête homme.
I) llll) SOI n.
G'esl sublime!... mon cher, en raisonnant ainsi, Vous ne réussirez jamais.
ROBERT ni r. n \ m.
J'ai réussi !
Dt'ROSOIR.
Se peut-il