‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 108 sur 245 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ARISTIDE

Victoire est très-timide. Je vous suis vraiment bien reconnaissant de la façon dont vous me faites l'honneur de me traiter.

STERNAY.

Vous Ates presque de la famille.

ARISTIDE

Presque me suffit.

STERNAV.

Voyons, le temps passe, Jacques va arriver, précisons bien ce que nous allons faire. îl va voir le ministre d'abord, c'est son devoir; ensuite il voudra embrasser sa mère, c'est trop juste; nous signerons nos actes tout de suite : que ce soit une chose faite! Puis, comme il aura besoin de repos, nous partirons, ma mère, Hermine, lui et moi pour la Touraine. oij j'ai une terre que je lui donne en signant le contrat. Il se mariera là-bas...

CLARA

Et moi, mon cher monsieur Sternay? que faites-vous de moi, dans tout cela?

STERNAY.

Vous venez avec nous, évidemment. Est-ce que je ne l'avais pas dit?

CLARA

Non.

C'est un oubli. *

ARISTIDE

Dites-moi, moucher monsieur Sternay... (Le prenant à part.) Il y a une chose à laquelle je pense depuis quelque temps, et la conduite toute naturelle de madame Sternay à l'égard de Clara, et la réflexion que Clara vient de faire, me décident à vous en parler : ceci est tout à fait entre nous, n'est-ce pas?

STERNAY.

Certainement.

ARISTIDE, baissant la voix.

Ne trouvez- VOUS pas que la position de Clara va être bien fausse dans votre maison?

STERNAY, avec un soupir.

A qui le dites-vous !

ARISTIDE

Et ne croyez-vous pas que si, après le service qu'il vient de rendre à son pays, Jacques demande si peu, c'est...

STERNAY.

C'est à cause de sa mère. J'en suis sûr, le pauvre garçon a compris...

ARISTIDE

Nous nous comprenons.

Je croyais que ma mère avait déjà touché deux mots à Clara...

ARISTIDE

Elle a voulu d'abord être bien avec elle; c'est de la délicatesse et de l'esprit. Mais voulez-vous que je tâte le terrain?

STERNAY.

Vous pensez pouvoir obtenir?

ARISTIDE

Clara n'offrait-elle pas autrefois de vivre à l'écart, de se retirer pour que son fils épousât votre nièce?

STERNAY.

Oui ; mais, depuis, son fils a pris de l'importance, ^lle est fière d'être sa mère, elle voudra le dire à tout le monde.

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