SCÈNE IL DE LIGNERAYE, DE NATON
DE NATON.
Bonjour, mon cher de Ligneraye.
DE LIGNERAYE.
Bonjour, mon cher de Naton.
DE NATON.
Quel est ce monsieur?
DE LIGNERAYE.
C'est M. de Prailles, qui est arrivé hier ici avec une lettre de madame de Grigc pour la marquise. Il repart pour Paris.
DE NATON.
Ah! c'est ça M. de Prailles?
Vous le connaissez?
270 UN l»ERE PRODIGUE.
DE NATON.
Non, mais j'ai entendu parler de lui. Il est marié?
DE LIGNERAYt.
Oui.
DE NATON.
Ça ne lui réussit pas.
DE LIGNERAYE.
Vraiment?
DE NATON.
Sa femme est très-jolie, et il paraît...
DE LIGNERAYE.
Qui est-ce qui vous a dit cela?
DE NATON.
Je l'ai entendu dire.
DE LIGNERAYE.
Soit; mais ne le répétez pas trop, d'abord parce que c'est inutile, puis parce que le mari ne plaisante pas à l'endroit de la jalousie. C'est le plus galant homme du monde, mais il vous tue un monsieur sans sourciller. Cela lui est déjà arrivé une fois, et pour une femme qui n'était pas la sienne... ainsi...
DE NATON.
Eh bien, il peut être tranquille, ce n'est pas moi qui ferai la cour à madame de Prailles. Et le père de la Rivonnière, est-il revenu?
DE LIGNERAYE.
Pas encore; mais on l'attend.
DE NATOX.
Tant mieux! Il me manque. Je voudrais revoir ses belles cravates bleues et ses petites guêtres blanches. Et à quand son mariage?