‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 212 sur 245 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

DE LIGNERAYE, ALBERTINE.

DE LIGNERAYE, entrant par le fond et saluant avec une fausse cérémonie.

Madame...

ALBERTINE, même jeu.

Monsieur...

DE LIGNERAYE.

C'est bien à madame de la Borde que j'ai l'honneur de parler?...

ALBERTINE

Et moi, à M. de Ligneraye?...

Lui-même.

ALBERTINE

Donnez-vous donc la peine de vous asseoir, (ii s'assied, eiie aussi.) Maintenant, voyons ton petit discours?

DE LIGNERAYE.

Tu supposes donc ?

ALBERTINE

Je suppose que, si tu viens me chercher jusque chez le comte, c'est que tu as quelque chose à me dire...

DE LIGNERAYE.

C'est vrai...

ALBERTINE

Voyons...

DE LIGNERAYE.

Combien veux-tu pour nous rendre le père de la Rivonnière ?

ALBERTINE

Rien ; j'aime mieux le garder.

DE LIGNERAYE.

Alors, ce n'est pas une affaire ordinaire.

Non.

DE LIGNERAYE.

Je m'en doutais.

ALBERTINE

Tu es si fin !

DE LIGNERAYE.

Peut-être, et ma finesse trouve que la tienne s'est donné bien du mal pour en arriver à une situation sans résultat.

ALBERTINE

Si elle devait être sans résultat, tu ne m'offrirais pas de l'acheter. Ensuite, ma finesse ne s'est donné aucun mal pour ramener le comte chez moi. Je désirais le revoir, j'en conviens... j'avais bâti sur lui une petite combinaison. J'ai laissé passer quelque temps après le mariage de son fils, et, un beau jour, j'ai envoyé de Tournas lui faire une visite.

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