ACTE TROISIEME. ISî
STEUNAY.
Je ferai observer à M. Fressard qu'il s'agit de choses sérieuses, et, comme ami de Jacques et de sa mère, il devrait parler plus sérieusement et prendre au moins leurs intérêts.
ARISTIDE
Pardon, monsieur, pardon; il n'a été question que d'un point de droit, et j'y ai répondu catégoriquement, comme la loi elle-même eût répondu. C'est mon devoir de notaire; maintenant, voulez-vous me consulter sur les intérêts de mon filleul ? Je les défendrai de mon mieux, c'est mon devoir d'ami; je vais donc avoir deux côtés pour vous être agréable
(se touchant l'épaule droite), COlé ami (se touchant l'épaule gauche),
côté notaire. Je suis prêt, monsieur ; voulez-vous que je réponde ou que j'interroge? Je ne suis qu'une mécanique, je vous en préviens.
STERNAY.
Veuillez poser les questions...
ARISTIDE
Vous êtes deux personnes qui voulez reconnaître le même enfant; cas nouveau, (a stemay.) Je commencerai par vous, monsieur ; vous voulez reconnaître un enfant?
, ARISTIDE
Avez- vous d'autres enfants?
STERNAY.
Non...
ARISTIDE
Aimez-vous mieux le légitimer que de le reconnaître?
STERNAY.
Comment?
ARISTIDE
En épousant la mère.
i60 LE FILS NATUREL.
STERNAY.
Je suis marié.
ARISTIDE
Avec une, autre femme ?
STERNAY.
Oui. .
ARISTIDE
Vous ne pouvez donc que reconnaître, (au marquis.) Vous voulez reconnaître un enfant?
ARISTIDE
Êtes-vous marié?
LE MARQUIS
Non.
ARISTIDE
Vous pourriez donc épouser la mère et légitimer l'enfant?
LE MARQUIS
Oui.
ARISTIDE, montrant le marquis.
Jusqu'à présent, l'intérêt de l'enfant est de ce côté, (a sternay.) La reconuaissance peut être contestée par tous ceux qui y ont intérêt; votre femme conteste-t-elle la reconnaissance?
STERNAY.
Non...
ARISTIDE
Avez-vous encore des parents?
STERNAY.
J'ai ma mère.
ARISTIDE
Contestera-t-elle? Répondez.