ACTE 1, SCËNE II. ai
SFAHK.
Pouiquoï ne TOfagn-tu pas? va en Italie.
PANTAnO.
J'y ai élé.
SPAU.
Eh bien I esl-ce que lu ne trouves pas ce pay»-là beau?
Il y B une qnautilé de mouches growe» comme des hannelons qui vous piquent toute la nuit.
Il n'y a pas de bon vin du Rhin à Paria.
Va en Angleterre.
Finristu.
J'y suis. Est-ce que les Anglais ont une patrie? J'aime autant les voir ici que chez eux.
Ta donc an diable, alors!
FtNTASlO.
Oh I s'il y avait up diable dans le ciel 1 S'il y avait un enfer, comme je me brûlerais la cervelle pour aller voir tout ^ 1 Quelle misérable chose que l'homme! ne pas pouvoir seulement sauter par sa fenêtre sans se casser les jambes ! être obligé lie jouer du violon dii ans pour devenir un musicien passable 1 Apprendre pour être peintre, pour être palefrenier! Apprendre pour faire une omelette I Tiens, Spark, il me prend des envies de m'asseoir sur un parapet , de regarder couler la rivière, et de me mettre b compter un , deui , trois, quatre, diiq,sii,sept, et ainsi de suite jusqu'au jour de ma
Ce que tu die là ferait rire bien des gens; moi, cela me fiiil D'émir ; c'est l'histoire du siècle entier. L'éternité est une grande aire , d'où tous les siècles , comme de jeunes aiglons , se sont envolés tour A tour pour traverser le ciel et disparaître; le udtre est arrivé h son tour au bord du nid; mais on lui a coupé les ailes, et il attend la mort en regardant l'espace dans lequel il ne peut s'élancer.
kCùhi«^[c
FANTASIO
FiNTisio, ehunfani.
su jlt, tppel1«-Biol ton âme
CoDnais-lu une plus divine ramaace que celle-là , Spark? C'eet une romauce portugaise. Elle ne m'est jamais Tenue è l'esprit sans me donner envie d'aimer quelqu'un.
Qui, par exemple?
FANTASIO
Qui? je n'en sais rien; quelque belle fille toute ronde comme les femmea.de Hiéris; quelque chose de doux comme le vent d'ouest, de ptle comme les rayons de la lune; quelque chose de pensif comme ces petites serrantes d'auberge des tableaui flamands qui donnent le coup d'étrier à un voyageur à larges bottes, droit comme un piquet sur un grand cheval Manc. Quelle belle chose que le coup de l'étrierl une jeune femme sur le pas de sa porte, lo feu allumé qu'on aperçoit au fond de la chambre , le souper préparé , les enfants endor' mis; toute la tranquillité de la vie paisible et contemplative dans un coin dn tableau! et là l'homme encore haletant, mais ferme sur la selle, ayant fait vingt lieues, en ayant fa^nte à faire; une goi^ée d'eau-de-vie , et adieu. La nuit est profonde là-bas, le temps meoa^nt, la forêt dangereuse; la bonne femme le suit des yeux une minute , puis elle laisse tomber, en retournant à son feu, cette ^blime aumône du pauvre : Que Dieu le protège!
SFAUC.
Si lu étais amoureux , Henri , tu serais le plus heureux des hommes.
L'amour n'existe plus, mon cher ami. La re%ion , sa nourrice , a les mamelles pendantes comme une vieille bourse au fond do laquelle il y a un gros sou. L'amour est une Eostie qu'il faut briser en deux au pied d'un autd et avaler ensemble dans un baber; il n'y a plus d'autel , il n'y a plus d'amour. Vive la nature! il y a encore du via.
Rboit.
Tu vas te^iier.
D,niz=rtNGoO«.^[c
H peu lard pour cela.
Qu'appelles-tu tard? midi, «st«e lard? mil bonne heure? Où prends-tu la journée? Reeti je t'en prie. Buvons, causons, analysons, déra sons de la politique; imaginons des comblnaiso nemeat; attrapons tous les hanoelons qui pasi c«lte chandelle, et mettons-les dans nos poclie les canons à vapeur sont une belle chose en mi anlhropie ?
SPIKK.
Comment l'enlends-tu î
FANTUIO.
II y avait une fois un roi qui élait trés-aage , li faeureui , très-heureux
FiHTikSIO.
La seule ehoae qui manquait b son bonheur, < des eafauts. Il fit faire des prières publiques di
A quoi en veui-tuTeuir?
FUtTASIO.
Je pense à mes chères Mille et une Nuits. C'esl qu'elles commencent toutes. Tiens, Spark, je sui que je lasse quelque chose. Tra la , Ira la I Ail nous!
Ifn tnterrttatnt p
Ohé ! braves gens, qui enterrez-vous là? Ce n'c tenant l'heure d'enterrer proprement.