‹ Comédies et proverbesChapitre 163 sur 304 · ACTE II , SCENE V. 56B · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE V. 56B

FANTISIO.

DsiH le Btfle le plus pur. II ne ferait pas une seule faute de grammaire dans l'espaie d'uoe aoDée.

Pourraï-je entendre quelques mots de ce style?

En vérité , je ne le voudrais pag; c'c«t une langue qui est particulière. Il u'y a pas que tes roquele qui'Ie parlent; les arbres et les grains de blé eui-méoies la savent aussi ; malt les flUes de roi ne la savent pas. A quand voire noce ?

ELSBETR.

Dans quelques jours tout sera fini.

C'est-ë'dire , tciut sera conimcncé. Je compte vous offrir un présent de ma main.

EtSBETH.

Quel présent? Je suie curieuse de cela.

FANTkSIO.

Je compte vous offrir un joli petit serin empaillé, qui chante comme un rossignol.

ELSBKTH.

Comment peut^l chanter, s'il est «mpiillé?

Il cbanle parfaitement.

GLSRETH.

En vérité , tu te moques de moi avec un rare acbamement.

FAtlTiSIO.

Point du tout. Mon serin a une petite serinette dans le ventre. Or pousse tout doucement un petit ressort sous la patte gauche , et il chante tous les opéras nouveaux , eiacteitient comme mademoiselle Grisi.

C'est une invention de ton esprit, sans doute?

En aucune façon. C'est un serin de cour; il y a beaucoup de petites llMcs très-bien élevées qui n'ont pas d'autres procédés que celui-là. Elles ont un petit ressort sous le bras gauehe, un joli petit ressort eti diamant fin, comme la montre d'un petit-maître. Le gouverneur ou la gouvcrnaule

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360 t'ANTASK).

fait jouer le reworl, et vouï voyec auaaiUt les lèvm s'ouvrir avec le Bonrire le plus gracieui ; une charmante cascatalle de paroles mielleuses sort avec le plus doux mifrmnre, et toute* les convenances sociales, pareilles à des nymphes léj;èreB, se . mettent aiissitdl à dansoter sur la pointe du pied autour de là fontaine merveilleuse. Le prétendu nuvre des yeui ébahis : l'assistance chuchote avec iodulgeuce , et le père , rempli d'un secret conlentenient , regarde avec oi^ueil les boudes d'or de ses souliers.

ELSBETB.

Tu parais revenir volontiers sur de certains sujets. Dis-moi, tK>utTaQ,que t'ont doue fait ces pauvres jeuues filles , pour que tu en fasses si gatmeat ta satire? I^ respect d'aucun devoir ne peut-il trouver grâce devant toi?

le respecte fort la laideur ; c'est pourquoi je me respecte moi-même si profondément.

Tu parais quelquefois en savoir plus que tu n'en dis. D'où viens-tu donc, et qui es-tu , pour que, depuis un jour que tu es ici, Lu 'Saches déjà pénétrer des mystères que les princes eui-mêmes ne soupçonneront jamais? Estce à moi que s'adressent tes folies , ou est-ce au hasard que tu parles?

FitATtSIO.

C'est su hasard; je parle beaucoup au hasard : c'est mon plus cher (Onfldent.

ELSBETB.

11 semble en effet t'avoir appris ce que lu ne devrais pas connaître. Je croirais volontiers que tu épies mes actipns et mes paroles.

FAKTHSIO.

Dieu le sait. Que vous importe?

Plus que tu ne pcui penser. TantAt dans cette chambre , pendant que je mettais mon voile, j'ai entendu marcher tout à coup dertiére la tapisserie. Je me trompe fort si ce n'était toi qui marchais.

FAHTASIO.

Soyez sâre que cela reste entre votre ntonchoir et moi. Je ne suis pas plus indiscret que je ne snis curieux. Quel i^aiiir

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