ACTE 1 , SCÈNE II
LE BAfiON.
Pleine d'onclion et de componction , maître Bridaine; sa vertu esl inattaquable.
miTtlE BM DAINE.
Haie )e gonvehieur sent te vin ; j'en ai la. certitude.
LE BARON
Hatire Rridsine , il y a des moments où je doute de votre amitié. Prenez-vous A tâche de me contredire? Pas un mot de plus )&-dessus. J'ai formé le dessein de marier mon Qle avec ma nièce; c'est un couple assorti ; leur édiicnlion me <»dle
Il sera nécessaire d'obtenir des dispenses.
Je les ai , Bridaine ; elles sont sur ma table , dans mon cabinet. 0 mon ami! apprenez niaintcnant que jesuis plein de joie. Vous savez que j'ai eu de tout temps la plus profonde horreur pour la solitude. Cependant la place que j'occupe et la gratité de mon habit me forcent à rester dans ce château pendant trois mois d'hiver et trois mois d'été. Il est impossible de faire le bonheur des hommes en général , et de ses vassaux en particulier, sans donner parfois à son valet de chambre l'oi'dre rigoureux de. ne laisser entrer personne. Qu'il est austère et difDcile le recueillement de l'homme d'Ëtat! et quel plaisir ne trouverai-je pas à tempérer,, par la présence de mes deui enfants réunis, la sombre trltesse à laquelle je dois nécessairement être en proie depuis que le roi m'a nommé irl
Cemariagese fera-t-il ici, ou il Paris?
LE BARON
Voilà oii je tous attendais,' Bridaine; j'étais sûr de cette question. Eh bien I mon ami, que diriez-voua si ces mains que Toiia, oui , Bridaine, vos propres mains, ne les regardez pas d'une manière aussi piteuse, étaient destinées à bénir solennellement l'heureuse contlrmation de mes rêves les plus cher*? Hé?
HllTBE BRIDAINE.
Je me lais; la reconnaissance me ferme la bonclte.
iz=rtNGoiw[c
LE BtBON.
Kegardei par celte feuétre ; De voyei-vouB pas que tara gCD» se portent en foule à la grille? Mes deui eofaula arrivent en même temps ; voilà la combinaiMn la plus heureme. J'ai disposé les choses de maniére'à tout prévenir. Ua nièce sera inlroduitepar cette porte â gauche, et mon fils par celte porte à droile. Qu'en dilee-vous? Je me fais nne fête de voir comment ils s'aborderont , ce qu'ils se diront ; an mille écus ne sont pas une bagatelle, il no faut pas s'y tromper. Ces enfants s'aimaient d'ailleurs fort tendrement dès le berceau. — Bridaine, il me vient une idée.
liBquelle?
Pendant le diner, sans avoir l'air d'y loucher, — vous comprenez, mon ami, — teul en vidant quelques coupes joyeuses; — voua savei le latin , Biidaine.
lia adepol , pardieu , si je le gais I
Je serais bien aise de vous voir entreprendre ce garçon , — discrètement, s'entend, — devant sa cousine; cela ne peut produire qu'un bon effet; — faites-lui parler un peu latin, — non pas précisément pendant le dîner , cela deviendrait fastidieux, et quant à moi, je n'y comprends rien; — mais au dessert, — entendez-vous?
HUTBE BMDIIKE.
Si vous n'y comprenez rien , monseigneur, il est probable
que votre nièce est dans le même cas.
Raison de plus ; ne voulez-vous pas qu'une femme admire ce qu'elle comprend? D'où sortez-vous, Bridaine? Voilà un raisonnement qui fait pitié.
Je connais peu les femmes; mabil me semble qu'il estdif- (icile qu'où admire ce qu'on ne comprends pas.
Je les connais, Bridainc; je connais ces êtres charmants et indéflnissablee. Soyei persuadé qu'elles aiment à avoir de la
D,niz=rtNGoO«^[c