‹ Comédies et proverbesChapitre 190 sur 304 · ACTE 11, SCÈNK V. M · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNK V. M

Tolé ; comme elle était assise le Mir au coin du feu , el lui auprès de la fenêtre , sans se dire un seul mot; comme leur amour avait langui , et comme tous les efforts pour se rapprocher n'aboutissaient qu'à dee querelles; comme une figure étrangère est venue peu k peu se placer entre eux et se glisser dam leurs souffrances , c'était moi que je Toyaia 8f;ir tandis qu'elle parlait. Quand elle disait: Iji, j'ai été heureuse, mon cœur bondissait; et quand elle ajoulsil ; li, j'ai pleure, mes larmes coulaient. Mais figurez-vous quelque chose dé plus gingulierencore; j'avais fini par me créer une vie imaginaire; cela a duré quatre ans ; il est inutile de tous dire par combien de réfieiinns, de retour sur moi-même, tout cela est venu. Ce que je voulais tous raeouter , comme une curiosité , c'est que Unis les récils de Louise , toutes les fictions de mes rêies portaient votre ressemblance.

Ua ressemblance, à moi ?

Oni, et œla est naturel :

j'eusse connu. En vérité, je v

Quel «geas-lu, Camille?

Dix-huit ans.

FERFIICAN.

Conliaue, continue; j'écoule.

CAMILLE

Il y a deui cenis femmes dans notre couvent; un petit nombre de ces femmes ne coDuaitra jamais la vie, et tout le reste attend la mort. Plus d'une parmi elles sont sorties du monastère comme j'en sors aujourd'hui , vierges et pleines d'espérances. Elles sont revenues peu de lemps après , vieilles et désolées. Tous les jours il en meurt dans nos dortoirs , et tous les jours il ea vient de nouvelles prendre la place des mortes sur les matelas de crin. Les étrangers qui nous visitent admirent le calme el l'ordre de la maison ; ils regardent attentivement la blancheur de nos voiles; mais ils se demandent pourquoi nous les rabaissons sur nos yeux. Que pensei- TOUB de ces femmes, Perdicau? Ont-elles tort, ou ont-elles -

Sm OH NE BADINE PAS AVEC L'AMOUB.

h n'ra Mb rien.

11 l'en est trouva qiwlqucs^De* qui me comeill^it de rester vierge. Je «uis bien aiae de vous coosnlter. Croya-Toiu que CCS femniM-l& auraieut raieui lail de pr«idre ud amant et de me conseiller d'en faire autant?

Je n'en aai» rien.

CUItLLE.

Voua aviei promis de me répondre.

J'en sdI» dispensé tout aataretlemeut; je ne crois pasqne ce soit toi qui parle*.

CtHlLLE.

Cela M peut , il doit y avoir dans toutes mes idées des choses très- ridicules. Il se peut bien qu'on m'ait fait la lefon , et que je ne sois qu'un perroquet mal ap|irie. Il j a dans la galerie un petil tableau qui représente un moine courtié sur un missel; à travers les barreaux obseuradcsa cellule glisse un faible rayon de soleil, et on aperçoit une locanda italienne, devant laquelle danse un chevrier. Lequel de ce* deux hommes ealimei-vous davantage?

Ni l'un ni l'autre et tous les deui. Ce sont deui h chair et d'os; il y en a un qui lit et un autre qui danse; je n'y vois pas autre chose. Tu a* raison de te faire religieuse.

Vous me ditiei non tout à l'heure.

PERDIUK.

AUje dit non? Gela est possible.

Ainsi vous me le conseilles?

PERMCAH.

AÎDii tu ne cnùs à rien?

UMILLB.

LËve la léte, PcrdicanI quel est l'homme qui ne croit & rien?

PEBnruN , *# lerani.

-En voilà un; je ne «roi* pas k la vie immortelle. — Ma

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