‹ Comédies et proverbesChapitre 191 sur 304 · ACTE II , SCËNË V · texte numérisé non relu

ACTE II , SCËNË V

ir dwric , le» régleuses t'ont donné leur etpéi Is-moi, ce n'est pas la tienne; tu ne

Jo veux aimer, mais je ne veux pas aouffrir ; je veux aimer d'un amour éternel , et faire des serments qui ne se violent pas. Voiti mon amant.

EUe montre «on erueiftx.

Cet amant-U u'eiclut paa les autres.

Pour moi, du moins, il leseiclura. Ne souriei pas , Perdieanl It ;a dis ans que je ne tous ai tu, et je pan demain. Dans dix autres années, si nous nous revoyons, nous en reparlerons. J'ai voulu ne pas rester dans votre souvenir comme une froide statue ; car î' insensibilité mène au point où j'en suis. Éeoulei-moi ; retournez à la vie , et tant que vous seres heureut , tant que vous aimerei comme on peut aimer sur la terre, oublies volresœur Camille; msia s'il voua arrive jamais d'SIre oublié ou d'oublier vous-même , si l'ange de l'espérance vous abandonne, lorsque vous serei seul avec le vide dans le cnur, penses è ntoi qui prierai pour vous.

rERDIUN.

Tu es une orgueilleuse; prends garde à loi.

PEBDICiN.

Tn as dis-huit ans, el tn ne crois pas k l'amour?

CAMILLE

T crojei-vous, vous qui parlez? Vous voilà courbé près de moi avec des genoui qui so sont nues sur les tapis de \m maîtresses, et vot» n'en savez plus le nom. Tous avei pleuré des larmes de joie et des larmes de désespoir; mais vous saviei que l'ean des sources est plus conalanle que vos larmes, et qu'elle aérait toujours là pour laver vos paupières gonflées. Vous faites votre métier de jeune homme, et vous souries quand on vous parle de femmes désolées; vous ne croyei pas qu'on puisse mourir d'amour, vous qui vives et qui avex aimé. Qu'est-ce donc que le monde? Il me semble que tous devei cordialement mépriser les femmes qui vous prennent tel que

vous êtes, et qni chassent leur deriner amsDt pour vous attirer daa» leurs bras bvpc len baisers d'une autre aar les lèvres. Je \ous deiDiinJais tuut à l'heiiie si \ous aviez aimé; vous m'avez l'époiidu comme un voyageur à qui l'on demanderait s'il a été en Italie ou en Allemagne, et qui dirait : Oui, j'y ai éi«; puis qui penserait k aller en Sniasc , ou dans le premier pays venu. Kst-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu'il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu'à la mort?Non, ce n'est pas même une mounaie; car la plus mince pièce d'or vaut mieux que vous, et, dans quelques mains qu'elle passe, elle garde son eUlgie.

Que tu es belle , Camille , lorsque tes yeui s'animent !

Oui , je suis belle, je lésais. Les campliineiiteurs De m'apprendront rien; ta froide nonne qui coupera mes cheveui pSlira peut-être de sa mutilation ; mais ils ne se chaDgeroiit pas en bagues et en chaînes pour courir les boudoirs; il n'en manquera pas uo seul sur ma tète lorsque le fer y passera ; je ne venu qu'un coup de ciseau , et quand le prêtre qui me bénira me mettra au doigt l'anneau d'or de mon époui céleste , la mèche de cheveux que je lui donnerai pourra lui servir de manteau.

Tuei

J'ai eu tort de parler; j'ai ma vie entière sur les lèvres, 0 Perdican I ne raillez pas; tout cela est triste à monrir.

FEHDICtN.

Pauvre enfant , je le laisse dire , et j'ai bien envie de le répondi-c un mot. Tu me parles d'une religieuse qui ine parait avoir eu sur loi une iullucuce funeste; tu dis qu'elle a clé trompée, qu'elle a Irottipé elle-mcMie, et qu'elle e«t désespérée. Es-tu sûre que si son mari ou son amant revenait lui tendi'C la main A travers la grille dit parloir, elle ne lui tendrait pas la sienne?

Qu'est-ce que voue dites? J'ai mal entendu.

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