C» JEUNE BOHME
Toujours A la même place! Ehl holà, Raietlal le premier mauvais sujet de la ville refusera-t-il une partie de fous? Je te somme de prendre un râle dans notre mascarade, et de venir nous égayer.
Laissez-moi seul ; je ne puis aller ce soir avec vous; je vous prie de m'eicuser.
UNE nés F^MES.
Kaietta, vous viendrez; nous serons de retour' dans une heure. Qu'on ne dise pas que nous ne pouvons rien sur vons, et que Laurette vous fait oublier vos amis.
niZFTTl.
C'est aujourd'hui la noce; ne le savez-vous pas? J'y suis prié, et ne puis manquer de m'y rendre. Adieu , je voua souhaite beaucoup de plaisir; prèlez-moi seulement un masque.
D,niz=rtNGoO«^[c
Adieu , converti.
Adieu, loup dev«Du berger. Si tu es encore là, nous prendrons en revenant.
Mutiqut. La gondole M'iltrigne.
J'ai changé subitement de pensée. Ce masque va m'étre utile. Comment l'homme est-il assez Insensé pour quitter cette vie tant qu'il n'a pas épuisé toutes ses chances de bonheur? Celui qui perd sa fortune au jeu quitle-t-il le tapis tant qu'il lui reste une pièce d'or? Une seule pièce peut lui rendre tout. Comme un minerai fertile , elle peut ouvrir une large veine, lien est de même des espérances. Oui , je suis résolu d'aller jusqu'au bout.
D'ailleurs ta mort est toujours là; n'est-elle pas partout sous les pieds de t'homme qui la rencontre à chaque pas dans dans cette vie? L'eau, le feu, la terre , tout la lui offre sans cesse; il la voit partout dés qu'il la cherche; il la porte A son côté.
Essayons donc. Qu'ai-je dans le cœur?
Une haine e( un amour. — Uao baine , c'est nn meurtre. — Un amour, c'est un rapt. Voici ce que le commun des hommes doit voir dans ma position.
Hais il me faut trouver quelque chose de nouveau ici, car d'abord j'ai afTaire à une couronne. Oui , tout moyen osé d'ailleurs me répugne. Voyons , puisque je suis déterminé à risquer ma t£te, je veux la mettre au plus haut prii possible. Queferai-je dire demain A Venise? Dira-t-on : « Raietla s'est noyé de désespoir pour Lauretle, qui l'a quitté? d Ou : k Raietla a tué le prince d'Eysenach, et enlevé sa maîtresse? o Tout ^la est commun ; « Il a été quitté par Laurette , et il l'a oubliée uu quart d'heure aprèst > Ceci vaudrait mieux; mais comment? En aurai-je le courage?
. Si l'on disait ; « Razetta, au moyen d'un déguisement, s'est d'abord introduit chei son infidèle ; o ensuite ': » Au moyen d'un billet qu'il lui a fait remettre , et par lequel il l'avertisseit qu'A telle heure... h II me faudrait ici... de l'opium...
Non I point de ces poisoiiB douteux ou timides , qui donnent ■u hasard le somnaeil ou la mort. Le fer e«t plus sûr. Hais une main si faible?... (Ja'importe? Le courage est tout. La fable qui courra la ville demain malin sera étrange et nouvelle. Da lumMTu traveneni une teeondt fait la maittm. Réjouis-toi , famille déleatée , j'arrive ; et celui qui ne craint rien peut être à craindre.
Il (nef ion puuque et êntrt.
tNE votx dant la eoatittt.
Où allei-vouBÎ
BAZETTA , dt même.
Je tais engagé à souper cbei le marquis.